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A toi Germaine par-delà la peine et la mort en souvenir de nos amours.
Tandis que je reprends mon souffle, je t'observe attentivement. Rarement tu fus plus vivante. Quand je pense à ce qui t'attend !
Elle est là, tapie quelque part, sournoise, patiente, immobile, silencieuse mais inflexible. Mais toi tu ne faibliras pas. C'est la vie que je vois en toi, la vie qui danse dans tes yeux.
S'entrouvre la beauté du ciel derrière la masse des nuages, dans le rectangle de soie grise que dévoile la fenêtre.
Passe le jour entre les branches du vieux pommier prêt à tomber, passe l'amour entre tes doigts dans ta caresse machinale. Et dans ton regard embué, revenu de son long voyage, c'est la tendresse qui sourit dans la paix qui te baigne entière.
Ainsi te voici de retour. Bienvenue en notre demeure, dans le lit où nos corps lassés de s'être longtemps enlacés, se déprennent lascivement.
Ton cœur palpite sous ma main et ta bouche sur mes lèvres me souffle des mots inaudibles mais que je devine pourtant : "Notre amour surpasse la mort car il emprunte au temps présent pour l'instant qui passe trop vite un aperçu d'éternité".
Et moi bien sûr je suis d'accord. Car je sais que malgré ta mort, que nous savons tous deux certaine, non datée mais inexorable, nous resterons unis encore par-delà l'absence et le temps.
Mais en attendant l'heure fatale, moquons-nous en ce soir encore. Moquons-nous en tant qu'on le peut. C'est çà que je lis dans tes yeux.
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