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D'où peut venir ce don plus fort qu'une tempête,
Ce frisson de bonheur comme une harpe au vent,
Ce zéphyr merveilleux qui engendre un poète,
Quand se fonde le rêve au bord du firmament,
Tant de grâce est en lui qu'il ne peut s'en défendre,
Ce feu qui le chavire arpège son amour
Musique, son silence, il sais qu'il faut apprendre
A courtiser les fleurs un peu plus chaque jour,
Donnez-lui la paix il fait naitre une colombe,
De lui seul dépend l'or s'épanchant sur le foin,
D'un simple vers il peut éclairer une tombe,
Son destin accompli l'ensoleille plus loin,
S'il est vrai que parfois il peut se rembrunir
Se répandre de spleen en son modeste asile
Que sa nuit peut paraître un sombre souvenir
Il sais aussi renaitre en un ruisseau tranquille,
Le soleil du matin, la chanson du passé,
Le clapotis de l'eau, la brise dans les feuilles,
L'inspire bien souvent de même que l'été
Quand il s'en va cueillir l'air pur des chèvrefeuilles,
Son cœur est un fil d'or, il peut coudre les cieux,
Un fleuve chatoyant, sans vagues et sans voiles
Pour qu'il puisse rêver en voyant de ses yeux
Sur le miroir de l'eau la chute des étoiles.
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