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Sais-tu combien je t'aime Ô ma terre choisie
Tu n'es point mon Laos pourtant je te désir
D'autant plus aujourd'hui que ta gloire est salie
Par ceux qui te dévore en venant s'enrichirent,
Quand j'effeuille un bouquet je pense à tes lumières
Je le serre bien fort brandissant mon flambeau,
De colline en vallon je connais tes rivières,
Même du haut d'un roc ton miroir est très beau,
Qu'il est doux ton terroir; il demeure un empire
Et semble un Paradis, aux flammes du couchant,
Depuis longtemps déjà je dois bien vous le dire
Il me faisait rêver et vivre infiniment,
Parmi les prés en fleurs où la saison des pommes,
Au cœur du bel été, sous le grand manteau blanc,
Mon cœur à la fenêtre, aime les jours, les nommes
Attentive aux oiseaux, à leur nid, à leur chant,
Que de fois j'ai passé des soirs sous un pommier
A découvrir la vie en cueillant l'harmonie
Et je n'ai d'autre souhait que de pouvoir louer
Ce noble territoire en simple poésie,
Sur l'aire de ta mer le soleil écumant
Ceinture ton pourtour de la côte Gascogne,
Jusqu'au ciel gris du nord ce royaume de vent
Baigner par les salants, mais moi c'est en Bourgogne
Que j'ai planté mon mat sur un rocher Gaulois
Qui fleure bon le vin et l'effluve de ferme
Le soleil s'y penche et demeure aux abois
Bien assez cependant pour que la graine germe,
Qu'il est doux à mon cœur de courir le Morvan
De pouvoir admirer le feu crépusculaire
Qu'allume sur la Nièvre un Phébus triomphant
Dés que revient avril sur le mont solitaire
Déposant son manteau, de fleurs, de papillons,
Je sais l'odeur du foin qui enchante et qui grise,
La couronne vermeille au moment des moissons,
Même du rossignol, le chant qui magnétise,
D'un méandre fleuri je veux en lettres d'or
Graver pour ce pays une ode dans le marbre
D'un élan de mon cœur émus par messidor
Sur le vélin royal je dore mon palabre.
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