Poésie et Pensée

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Signifiances des Ruines.

le dimanche 30 novembre 2014, à 23:45. Posté par Avenance


    Signifiances des Ruines.



    ….Belles Totalités heureuses,
    Fantasmées et perdues !
    Morceaux épars qui ne
    Rassemblent pas.
    Arrachements,
    Inimitiés.
    Cicatrices.
    Ruines.....

    …..Les Stigmates du Révolu et de l'Inaccompli creusent les
    Oeuvres et les évident de leur Centre, suintent leur Sang
    D'entre les Failles et les Jointures, érodent Piliers et Voûtes,
    Trouent l'Harmonie des Surfaces, le Bonheur des Volumes,
    La Grâce des Rotondités idéales, la Pureté rêveuse des
    Sphères et des Collines, le Velours apparent des Visages,
    Le Sens des Paroles gravées, laissent entrevoir Gangrènes
    Et Décombres de toute Fondation et les Gravats originaires,
    Blessures, Meurtres, Chaos, l'Effondrement tragique, Toute
    Pierre, toute Chair, le Travail incarné, à l'oeuvre du Dessous,
    Dans la Pénombre, l'équivoque Eclosion : le Périssable !.....

    …..Sidération des Ruines : Effondrement, Mutilation, Toits éventrés, Dévastation.
    Sidération de Soi. Je ne sais quelle Absence, quelle Mélancolie...Soudain, ce Rien,
    Cette Béance, ce Cri muet des Choses abolies, je ne sais quoi d'irréductible, de Déchu. Ces Restes fascinants du Mourir absolu et ce Déchet du Temps. Quel Vide et quelle Vérité du Fond néantisant de l'Être. Cette Confiscation et ce Saccage et cette Etrangeté qui les étreint. Une Parole qui ne parvient plus. Sidération des Ruines, Sidération de Soi. Cela vacille, saisit, dessaisit la Raison. Du plus Lointain inaccessible. Une incommensurable Perte opère, agit dans les Décombres et les Vestiges. Le Mal du Deuil. Du sans Retour......

    …..Fleurs rudérales ! Puissance de la Terre et de l'Enseveli,
    Chaos de pierres. Débris. Les Disjointures fleurissent sur le
    Lieu-même de la Mort et de la Ruine ! Puissance du Vital
    Sur le Terreau des Tombes ! Le Renouveau se dresse sur le
    Silence du Mourir ! Continuellement s'enlacent en amoureuse
    Etreinte, l'Absentement et la Présence ! Le Périr et la Sève,
    Ô Corruption, Génération ! Amour pour le Vivant-Mourant,
    Les Vivants et les Morts, Amour pour l'Apogée et pour la
    Décadence, le Battement des Jours et la Respiration du Coeur,
    D'entre les Ruines et les Fleurs, Ô si le Grain ne meurt !.......

<< Retour aux poèmes

 

Donner une note à ce poème ... (Note actuelle : Pas de note)
Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour donner une note à un poème.

 

commentaires ( 8 ) (Ajouter un commentaire)
Argentalet le lundi 01 décembre 2014, à 08:19
J'ai toujours aimé voir pousser l'herbe entre les tombes, les oiseaux se poser sur les croix. Les cimetières anglais sont bien plus vivants que les nôtres.
Quant à rebâtir les ruines, je ne vois vraiment pas l'intérêt: leur message devrait nous faire réfléchir.

larose le lundi 01 décembre 2014, à 16:33
Bonjour!!
Avant j'aimais bien me promener parmi les morts (cimetière) maintenant en prenant l'âge, les cimetières me fait un peu!!! Par contre, au Père Lachaise c'est très beau, c'est un magnifique cimetière!!! Merci pour ce partage!! bonne soirée!! Amitiés

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 02 décembre 2014, à 17:54
Les phIlosophes faisaient du Néant une condition de notre liberté humaine. Nul ne sait ce que représente l'Instant Fatal sur les ruines de toute une vie, à l'horizon d'un Rien ou d'un étrange Tout. Fascination, abborhée ou espérée. Comme je l'écrivais un jour, dans un très court poème en anglais, comparant l'Homme à un funambule entre deux ailleurs, je décrivais son chemin comme un fil fragile entre le Néant et l'Eternité. Amitiés. Philip.

Avenance le mardi 02 décembre 2014, à 21:55
PHILIP de BERG. Très belle image que celle de l'Homme funambule entre le Néant et l'Eternité! On pourrait dire également entre le Fini et l'Infini, entre le Vivant et le Mourir.
Les paradoxes des Ruines sont nombreux: elles sont le signe d'un passé glorieux et d'un présent déchu. Elles signalent un Temps révolu mais elles durent en tant que ruines, elles résistent à la Déchéance. Marques mélancoliques d'une Totalité perdue, elles témoignent d'une énergie vitale de l'Histoire et invitent à la reconstitution des civilisations.
Les Ruines sont l'envers obscur de la Raison triomphante et progressiste, elles demandent peut-être une pensée de l'Humilité devant le cours fatal des Choses, une pensée du Fragment opposée à la quête métaphysique d'un Principe unifiant jamais atteint, une pensée de la multiplicité opposée à la Totalité arrogante.
PS. j'ai beaucoup aimé ton poème "Les pièces vides"
Merci. A bientôt. Amitiés. Avenance.

Avenance le mardi 02 décembre 2014, à 22:05
LAROSE. Merci pour le commentaire et la lecture. Oui, les cimetières peuvent être très beaux et le sentiment d'horreur, si l'on songe aux cadavres et à la décomposition, se transforme souvent en sentiment de sérénité, d'apaisement, de quiétude. Le Père Lachaise est effectivement un magnifique cimetière et ses tombeaux sont parfois de véritables oeuvres d'art!
Amitiés. A bientôt. Avenance.

Avenance le mardi 02 décembre 2014, à 22:26
ARGENTALET. Merci beaucoup pour la lecture et le commentaire! Oui, les cimetières anglais ou allemands témoignent d'une vision beaucoup plus apaisée de la Mort: la végétation recouvre la froideur de la pierre et du tombeau et l'on y oublie presque la caractère tragique du Néant. Il existe même en Roumanie à Sapinta, un cimetière joyeux dont les stèles de bois sculpté et peint de couleurs vives, portent des inscriptions très drôles concernant la vie passée du Défunt! Les anciens Chinois, dit-on, pleuraient à la naissance d'un enfant et se réjouissaient à la mort d'une personne!
Amitiés. Avenance.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 03 décembre 2014, à 05:57
Merci cher Avenance pour la réponse à mon commentaire. Quand tu postes sur le site, et que je prends le temps de te commenter, c'est toujours un plaisir pour moi de rebondir, car tu sais que je suis un passionné "multicartes" (!!!) entre autre de philosophie, psychanalyse, métaphysique. Je reviens entre autre de Prague, voici deux semaines, et je suis allé sur les traces de Kafka, dans tous les lieux où il vécu ou qu'il arpenta. Et là, quel frisson, de comprendre son approche littéraire et mentale très...."kafkaïenne" et de pouvoir mieux comprendre ainsi, dans un téléscopage philosophico-psychanalytique tout ce processus mental qui devait aboutir à des Chateau, Métamorphose, etc....
Tu as aimé les "Pièces vides" ? Oh mais ça c'est un vieux poème, déjà ! Merci. Amitiés. Philip.

Avenance le mercredi 03 décembre 2014, à 16:45
PHILIP de BERG. Quelle chance d'avoir pu visiter Prague sur les pas et les traces de Kafka! Quelle émotion sans doute et quel bonheur intellectuel d'arpenter les lieux même de la création de ce vaste labyrinthe mental que représente son oeuvre! En fait, c'est à une véritable interprétation infinie que nous convie son écriture: philosophie, religion, psychanalyse, imaginaire symbolique etc. Toutes les pistes peuvent y être suivies et explorées sans jamais les épuiser car la Loi dont elles partent et parlent est une Loi cachée, écrite en signes difficiles, aux multiples sens inextricables comme l'écriture de la Torah, toujours à reprendre, toujours à réinterpréter.....Nous avons au moins une passion commune, celle de l'oeuvre de Kafka! Et que dire des Lettres à Felice, ce chant d'amour immense? Et du Journal que je relis très souvent? Une phrase inépuisable que je n'oublie jamais: "Il y a de l'espoir mais il n'est pas pour nous." Quel vertige!
Amitiés. Avenance.

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet