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Au musée des antiques ( Germain Nouveau )

le mercredi 10 décembre 2014, à 23:55. Posté par COLLECTIF (auteur : Vermain Nouveau)


Au musée des antiques 



Elle veille en sa chaise étroite ; 
Quelque roi d'Egypte a sculpté 
Dans l'extase et la gravité 
Le corps droit et la tête droite. 

Moitié coiffe et moitié bandeau, 
Fond pur à des lignes vermeilles, 
Un pan tourne autour des oreilles, 
Sa robe est la prison du Beau. 

Ses yeux, de profonds péristyles 
Où ne passe rien de réel, 
De toute la largeur d'un ciel 
S'ouvrent aux visions stériles ; 

Et le menton rit tel qu'un fruit, 
Et la joue est une colline ; 
Quant à l'aile de la narine, 
C'est l'ibis envolé sans bruit. 

De l'épaule menue et grasse 
Les bras courent le long des reins 
Jusques à ses genoux sereins 
Que chacune des mains embrasse, 

Et le plat des cuisses est tel 
Qu'il vous trouble et qu'il vous apaise 
Par des attirances de chaise 
Et des solennités d'autel ! 

La fraîcheur du visage antique 
Laisse au vague appétit des yeux 
Deviner les seins précieux 
Dans un pli trop énigmatique, 

Et sous l'impur raffinement 
D'un profil qu'on rêve à des chèvres, 
C'est pour des dieux que vont les lèvres 
Souriant indéfiniment. 



Germain NOUVEAU (1851-1920) 







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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
rivaudais le jeudi 11 décembre 2014, à 00:13
Beau poète en vérité que gGermain Nouveau. Un peu oublié ou trop peu connu de nos jours. Mais il y en a tant d'autres de la même époque dont les noms ne sont même pas parvenu jusqu'à nous. Certains prosateurs n'ont guère été plus épargnés. UN nom pour bien me faire comprendre: Paul Bourget, qui à son époque , avait un vrai succès. Et des écrits de grande qualité. Un de ses romans :"Le disciple" m'a marqué. le rythme est un peu lent. pourtant on accroche à l'histoire dès son début?. Pour , c'est un pur chef d'œuvre. Et germain nouveau est un vrai grand, poète.

Salus le jeudi 11 décembre 2014, à 08:22

Germain Nouveau, pâtre ancien de l'azur,
Nous décrit là quelque Eve-Cléopâtre ;
Brillent ses mots, tels que braises à l'âtre,
Et vient l'antique, à mesure et au fur...

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