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Elle court les rayons du grand supermarché,
Comptant les pauvres sous de sa maigre retraite.
Son vieux corps chancelant à la tête distraite
Regarde tour à tour chaque prix affiché.
L'époque est difficile et le ciel entaché
De ces privations de façon non abstraite
Avec ce mal ancien qui souvent la maltraite
Et lui ressort l'accent de son passé caché.
Alors, en repensant à toute sa jeunesse,
La dame songe aux mois où sa taille en finesse
Connaissait un temps maigre et cent privations.
Elle ne savait pas, dans ces jours de jachère,
Que reviendraient aussi tant d'aberrations
Et soupire soudain: Dieu que la vie est chère
Michel Miaille
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