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Quand s'assombrit le jour
et que passe le rêve,
pourquoi t'arrive-t-il d'écraser en cachette
une larme mort-née ?
Quand rien n'existe plus
que le vent de la grève
te contant les voyages
aux horizons perdus des confins d'univers,
pourquoi suis-tu des yeux
le vol des goélands ?
Quand chantent en ta mémoire
ces airs dont tu ne sais
comment ils sont venus,
pourquoi écoutes-tu
la clameur des marées ?
Quand s'éveillent en toi
les mondes féériques
qui récrivent l'Histoire,
-l'Histoire où tu n'es pas, où tu n'as pas ta place,-
pourquoi inventes-tu
des contes à dormir
debout contre ta vie ?
Et quand meurt le soleil
pour renaître, phallique,
en des cieux inconnus
qui t'attendent là-bas où tu n'iras jamais,
pourquoi entonnes-tu
ces chants de suffisance
et ces refrains guerriers ?
Quand s'en vont tes amours
et que l'ombre soupire,
pourquoi ris-tu trop fort
aux sables désertés ?
Quand s'assombrit le jour
et que passe le rêve,
ta sensibilité exacerbée s'émeut.
Tu frémis malgré toi,
tu t'efforces de croire
qu'il te sera possible.. encore... quelque jour...
d'accomplir tes projets.
Et tu calmes ton cœur,
cueilles une larme...encore !
au coin de ta paupière.
Cherchant à te leurrer,
tu parles de poussière, de vent, d'un grain de sable...
Et soudain tu soupires,
car tu viens de penser
qu'hélas ! tu as raison.
Oui ! c'est un grain de sable qui bloque tes désirs !
Une poussière, un rien :
tu n'es pas seul au monde !
Et tu ne pourras rien, rien ! contre ton devoir.
Non ! tu n'iras jamais
où s'envole le vent,
où t'appelle la mer,
où fleurit l'aventure,
où l'Histoire t'attend.
Il ne te reste rien
que d'y rêver quand même,
de sourire malgré tout,
d'écouter un poème
et t'abriter en toi ce monde sans partage
où tu es seul et roi en pays d'Illusion.
ET D'ECOUTER PLEURER LE SILENCE EN TON COEUR !
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