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Les Jours de notre Eloignement.

le dimanche 21 décembre 2014, à 22:16. Posté par Avenance


    Les Jours de notre Eloignement.


    …..Ils s'éloignent les Jours, les Jours de notre propre Eloignement,
    Vers toujours plus d'Eloignement à quoi s'en vont les Jours, les
    Nuits, les Ans, les Corps et l'Âge et l'Initial lui-même fut un
    Etrangement, un étrange Passage de l'Inconnu à une Inconnaissance
    Et vacillent les êtres, de Jour en Jour plus éloignés vers le Moment
    De leur Disparition, de leur étrange Escamotage.
    Des Surgissements de l'Inerte, Fournaises, Rocs, Etoiles, Terre et
    Ciel, aux premiers Spasmes du très ancien Vivant dans la Compaction
    Et le Battement de la Chair, nous souffrons Violence et Douleur
    Subsolaires et les Corps se défont, se disséminent, obscurcis, se délitent,
    Assemblages improbables d'Organes, ils s'éloignent les Corps du Jour
    De leur Naissance, arrimés, étrangers à eux-mêmes, portant la Promesse
    Concrète, comme une Honte, de leur Evanescence.
    Elles s'éloignent, en Vérité, les Promesses anciennes de la Restitution,
    Les Fantasmagories du Bonheur édénique et solaire et du Nouvel Adam,
    Il n'y aura probablement ni Retour ni Réversion ni nouveau Règne
    Spirituel ni Réinstauration ni Loi nouvelle ni Rémisssion des Souffrances
    Subies. La Chair est vaine et solitaire. Nul Corps ne sera glorifié. Nulle
    Fusion vivifiante, nulle Patrie retrouvée mais le Tombeau aride et nu.
    En Vérité, ils s'éloignent les Corps, des Autres et d'eux-mêmes, la Loi
    Est Loi pour leur Eloignement.
    Quelle Sapience sera la Nôtre et quel Flambeau guidant l'Errance au
    Matin comme au Soir ? La Lutte avec le Temps , même perdue, accorde
    Des Durées, le Chaos , des Formes transitoires et sublimes, nous suivrons
    Les Surprises de tout Eloignement, les Possibles des Sens qui jaillissent
    Au Monde, érigeant des Vanités à hauteur d'Homme et de Vie menacée,
    Avec des Chants d'Espoir sereinement désespérés, des Edifices pour des
    Refuges éphémères et des Institutions humaines pour endiguer les Forces
    De la Dévastation et de la Cruauté, nous côtoierons la Folie et l'Abîme qui
    Demeurent au Coeur et d'où proviennent des Signes difficiles, appels des
    Vulnérables et de la Déshérence. Quelles Mythologies sans certitude
    Seront les Nôtres désormais pour la Terre Mondiale et le Départ, peut-être,
    Pour les Lointains et pour le Sidéral, quels cantiques désenchantés, sans
    Nostalgie, pour les Dieux immémoriaux et enfuis ? Quelles Grammaires
    Nouvelles pour l'humble Résignation des Ruines qui témoignent ? Quelles
    Oeuvres vespérales et matinales à l'écoute de la Caverne insondable du
    Temps, de son Ambiguïté hors Raison, de sa Puissance et sa Réserve
    Ineffables ? Quels Poèmes étonnamment baroques pour la Dérive et la
    Beauté de Cendres et de Diamant des Corps qui parlent et vont mourir,
    Eaux, Descente, Abandon et pour les Jours de notre Eloignement ?.....

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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 22 décembre 2014, à 06:20
Notre Destinée....."universelle", celle de "l'Un dans Tout ou tout dans l'UN" serait-elle un Trou Noir, ces fameux trous noirs où la matière est anihilée, où le temps est aboli. Retour à la source quand on croit être au bout du chemin. "Nunc stans" ! Tant que l'Homme se tiendra debout il sera son propre univers. Le Temps ? Il n’est qu’illusion ? Alors nous nous éloignons, inéluctablement. Nous nous éloignons tant de l’Alpha que de l’Oméga. Alors, où allons-nous ? Non, ami, cela serait trop facile de répondre « nulle part ». Schopenhauer misait sur le caractère illusoire de notre existence. Une audacieuse ( ?) déclinaison de l’existentialisme ?
Car la réalité rattrape toujours l’Homme et le décor de ses illusions s’évapore, s’évanouit très vite. Alors il est temps pour lui d’aller vers le Néant. Résigné ou rêveur encore. Agonisant ou espérant. S’éloigner à tout prix ! Le Néant est peut être un Léthé bienfaisant….mais c’est le Néant. Gare à ce que l’on y trouvera.
« Imagine-t-on un démon créateur, on serait pourtant en droit de lui crier en lui montrant sa création : " Comment as-tu osé interrompre le repas sacré du néant, pour faire surgir une telle masse de malheur et d'angoisses ? ».
Voilà cher Avenance les considérations comme toujours philosophiques (philosophie de bazar ?) que m’ont inspiré ton poème, tout du moins au niveau de mon ressenti (il faut dire que j’ai commencé à lire ton poème à 5h48 du matin). En tout cas, passe de bonnes fête, Ici dans la Vie. Hic et nunc ! Amitiés. Philip.

rivaudais le lundi 22 décembre 2014, à 12:52
Ces lignes ont, non seulement une réelle portée philosophique. Une profondeur qui touche au sacré, une interrogation sur le sens même de l'existence, la perception du Néant, l'inquiétude d'un monde sans but, sans Dieu, sans certitude temporelle et spirituelle. Un texte magnifique à conserver, lire et relire. Ici et maintenant comme le dit Philip mais aussi plus tard. Bon Noël en attendant. René

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 23 décembre 2014, à 14:23
Ah je suis très heureux de voir que notre ami Rivaudais s'interroge également a tout ce qui a du sens, philosophique ou métaphysique. Merci René pour ces réflexions complémentaires. Philip.

Avenance le mercredi 24 décembre 2014, à 14:47
PHILIP DE BERG. RIVAUDAIS. Merci pour ces très belles réflexions philosophiques et poétiques. J'aurais voulu dire que dans le "monde" d'aujourd'hui, décentré, dispersé, abandonné de Dieu et des Dieux, notre tâche était, peut-être, non pas de revenir aux grandes catégories de l'Unité, du Vrai, du Bien, du Bon, du Tout, remises en question et mises à mal mais d'affronter l'absence des Dieux, la Disparition de l'Origine et des Fins drenières, de mesurer l'impossibilité du Retour à l'Unité et à un Cosmos bien ordonné, la nécessité de faire face à la disparition des Transcendances et des Promesses d'Immortalité. Nous serions ainsi rendus à l'Immanence, à l'Abandon, à la Matière, à des Sens multiples et non orientés, à un Humanisme inquiet sans certitude et sans attente. Peut-être faudrait-il nous hisser à la hauteur ou descendre à la profondeur de cet Egarement, de ce "Chaos", de cette Solitude, de cette Désorientation, de cette absence de Providence.
J'imagine des poésies multiples, baroques, célébrant le Mystère de la Naissance et de la Mort avec un désespoir serein et courageux, célébrant les Merveilles sans raison des Provenances et des Disparitions, les silencieuses Métamorphoses des Choses et des Corps, les couleurs et les rythmes, le Battement incessant de la Respiration, du Souffle et du Langage, des Imaginaires exaltant de nouvelles Errances labyrinthiques, la Joie mélancolique de cette "Liberté" sans pourquoi où nous existons transitoirement......
Abientôt. Merci. Avenance.

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