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Pour vous tous, amis de "mes poemes.net" en cette avant -veille de Noël
La nuit chemine à pas de neige,
à pas de chatte de velours.
Et le vent tourne son manège,
venu de la nuit de toujours.
A pas de loup, à pas de rêve,
la nuit a surgi de partout,
nue et ruisselante comme Eve
au temps du rêve du Grand Tout.
A pas feutrés, silence et neige,
la nuit a campé son décor :
silence-clef pour un arpège
audible à celui qui s'endort.
A patte d'ombre, à pas d'écume,
à pas d'ailleurs, à pas de vent,
la nuit nous teinte d'amertume
et du regret du temps d'avant.
Vieux temps d'absence et de présence,
à pas d'hier et maintenant,
nuit du regard en transparence,
sang, neige, noir et pleur et vent.
La nuit siffle sa mélopée
triste : attente et glace sur le seuil.
Et, de sa danse chaloupée,
rythme l'écho de notre deuil.
A pas de chimère et misère,
à pas de feu : flammes et froid,
la nuit d'amour, la nuit de guerre,
mime le demain de l'effroi.
A pas de mort, à pas de vie,
à pas d'hiver, à pas dosés,
la nuit des parfums de l'envie
nous dit que nos jours sont comptés.
Saurons-nous lui prêter l'oreille ?
Qu'importe à "l'aveugle à voix d'or" ? *
A pas de dieu nous ensommeille
et nous glissons dans notre mort.
Livide et fantasmagorique,
furtive et noire -espoir et peur-
elle s'évapore, onirique,
dans l'heure, la peine et l'horreur.
Et tandis que l'ombre ensemence
le jardin de nos illusions,
tremble l'âme qui prie et pense
dans le froid de ses impressions.
Se tend la toile d'alternance,
à pas d'être et à pas d'avoir,
puis se fond dans la résurgence
qui mène aux dalles du lavoir.
Silhouette à l'encre de chine,,
pas à pas va la nuit d'hiver.
Tandis que s'imprime l'hermine
dessous les pantoufles de vair.
*Image empruntée à Claude Roy.
poème extrait de "petits écrits de NUIT"
tome "Les nuits d'Hiver"
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