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Je rêve quelquefois d'un goût universel
Ouvert à tout le monde et n'excluant personne
En sachant reconnaître un jet spirituel
Où tous s'enrichiraient d'une âme qui frissonne
Les mots sont immuable et le genre infini
Et qu'importe la forme, archaïque où nouvelle
Car toujours le talent vient d'un fameux esprit
Ecrit avec amour la poésie est belle,
Je suis souvent combler en relisant Hugo,
Ainsi en parcourant les écrivains illustres
Je découvre de l'or, chaque vers est si beau
Même les plus anciens, même s'ils ont des lustres,
Avec l'âge venant on comprend beaucoup plus,
Sans la cupidité le savoir est immense
Pour qui sait oublier l'infime hiatus
L'universalité devient l'art en puissance,
Je crois que ce qui compte au fond c'est le plaisir,
Prévert donnait aux mots un souffle humanitaire
Cependant que Ronsard exprimait le désir,
Qui était le plus fort? ce n'est pas mon affaire,
Ce qu'il faut accepter c'est les accords touchants,
Chacun exprime sa lyre avec son éloquence,
Comme le rossignol proclame le printemps
Convaincu que sans lui régnerais le silence,
Ainsi j'offre à mes vers le style alexandrin,
Ecrire à ma façon suffit à mon caprice,
Sans prétendre émouvoir je cherche le divin,
Je ne fais que rimer ce que mon âme tisse.
Révéler son amour sans nuire à son prochain,
Pénétrer les sujets qui savent toucher l'âme,
Illustré la douleur et tout le genre humain,
Avec sincérité sans attendre la palme,
Je plains les fortunés ne cherchant que l'honneur
Avec leurs attributs à la forme classique
Ils ne ressentent pas la richesse du cœur
En détruisant le don, de leur propre musique.
Pour donner à son chant un air de vérité
Il faut offrir sa vie en battant la mesure,
Ecrire à sa façon en toute intimité
Sans penser à la gloire encadrant l'écriture.
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