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Des Forces et Contreforces à l'Oeuvre.

le lundi 29 décembre 2014, à 00:23. Posté par Avenance


    Des Forces et Contreforces à l'Oeuvre.


    …..Forces et Contreforces chavirent et charruent, traversent et sillonnent,
    Agencent et divisent les Chairs, les Mondes, la Chair des Mondes, les
    Technosphères, les Sphères ouvertes qui tournoient, les Langues et les
    Idéations et leurs Imaginaires, Textures, Tissages et Glossaires, Forces
    Et Contreforces luttent et prolifèrent, innervent l'Inerte en mouvements
    Et le Vivant-Mourant, Souffle et Respiration, le Sens et le Non-Sens,
    Les Personnages de nos Vies, Théâtres, Intrigues et Agonies.....
    Forces attractives et répulsives, Forces dispositives et connectives,
    Forces compositives et distinctives, Forces enveloppantes, Forces
    D'Eclatement, Torsions et Constrictions, dans le Profond des Corps,
    Sur les Tables de pierre, sur l'Ecorce et la Peau, Forces agrégeantes,
    Disruptives, Forces expansives et régressives dans le Gigantesque
    Et l'Infime, en Puissance et en Acte, Forces et Contreforces dans
    L'Edifice et dans la Ruine, dans le Fracas et la Tendresse, dans le Cri
    Et le Chant, à l'Oeuvre incessamment.....
    J'écoute le Battant rythmé de l'Heure divisée, perpétuellement,
    Recommencée, Un/ Rien/ Puis deux/ Rien/ Puis Trois perpétuellement,
    Force de l'Heure, Force des Ans, Force du Rien qui se répètent et
    La Visée du Temps s'estompe à ce Ternaire, à cette Errance.....
    Nul Orient, nulle Promesse, nul Sens du Sens que cette Itération et
    Que cet Infini jusqu'à l'Effondrement. J'écoute dans la Stupeur le
    Battant rythmé du Temps.....
    Merveille le Nouage, l'Agencement des Choses ! Je regarde
    L'Ajointement du mur, la Force silencieuse du basalte, la
    Modestie puissante des herbes de la cour, l'Elan et le
    Balancement des Arbres, la régularité des lattes arrondies de
    La Barrière et je m'étonne prodigieusement du plus Simple, de
    ces Contiguïtés, de ce Contact et de l'Espacement qui juxtapose
    Et tient ensemble. Merveille les Places accordées et les Dispositions
    Innombrables des Choses !
    La Profusion des Forces nervure et ploie toute Réalité ! Quelles sont
    La Convenance et la Conformité ? A quelle Fin cet Enchevêtrement ?
    Nature, Technique, Rêves, se croisent et se greffent, Livres anciens,
    Ecrans mondialisés, Mythologies futures ! Je songe à cette Errance
    Que nous sommes parmi la Gigantomachie des Forces, le Désarroi
    De l'Un, Cosmos désordonné, Brisure de l'Âme du Monde qui ne
    Rassemble plus ! Il est probable que toute Joie sera désormais
    Adombrée des Contreforces du Multiple et par la Diffraction de
    L'Initial ! Ô aller vers les sables et les Cendres, vers le Silence,
    L'universelle Inanité de la Poussière, sereinement, Force des Forces !.....

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 29 décembre 2014, à 19:59
Bonsoir mon cher Avenance. Voilà une réflexion poétique et philosophique qui de nouveau interpelle.
Je me suis souvent dit, et de plus en plus que ce que nous pensons être la Vérité n'est pas forcément conforme au Réel. Eh oui ! L'Etre Humain, pour peu qu'il se donne la peine de penser, pour réaliser le monde dans lequel il vit et se meut, aura peut-être (inconsciemment d'ailleurs) la quête de la recherche de la Vérité. Mais pour ce faire, en suivant le vecteur de sa propre existence, va s'éloigner inexorablement de l'Initial. Ce n'est pas une fatalité, mais c'est souvent ainsi. J'ai trouvé ainsi amusant de te voir parler de la "Gigantomachie des Forces" et du "Cosmos désordonné". Oui, car, pour trouver LA (mais en fait SA) Vérité - en ignorant au passage qu'il s'agit de VéritéS - l'Homme va se persuader que le monde ne peut ainsi qu'être parfaitement ordonné, "au cordeau". La Vérité ne saurait vivre dans le Chaos, parbleu ! Et c'est là sans doute l'erreur que l'on connait. Tu évoques les Forces et Contreforces. L'Univers entier est balloté, physiquement, entre des forces et contreforces, cosmiques. Sur un plan métaphysique il est intéressant de s’interroger en quoi Dieu « secouerait » l’immensité de son Œuvre, comme dans un…. « shaker cosmique », pour que l’Homme prenne conscience que sa vie n’est pas toute tracé par une volonté divine, mais qu’il a son libre arbitre. Et, théorie des dominos oblige, chacun de ses actes peut bouleverser l’échiquier. Alors, Forces et Contreforces s’opposant en permanence, il n’y a pas de place pour la Fatalité. Ô blasphème philosophique s’exclameront tous les déterministes de la Terre. Je ne dirais pas volontairement « tous les FATALISTES », car d’ailleurs, la racine latine de « fatalité » désigne……le Destin !!!!
Retourner aux cendres, proposes-tu, à la fin de ta réflexion ? Après l’incommensurable effondrement.
A cela je répondrai, cher Avenance, par la devise latine « Ordo ab chao », c’est-à-dire, à peu près « l’Ordre nait du chaos ». Pour l’heure, balloté entre ces Forces et Contreforces contraires, l’Homme est encore dans le Chaos. Jusqu’à un après fatal.
Une manière, sans blasphémer, de vouloir mériter le Paradis.
Amitiés cher Avenance. Finis bien l’année, pas forcément en relisant tout Kant, Descartes, Nietzsche et les autres !!!! Philip.
mespoemes.net/philipchevalier

Avenance le samedi 03 janvier 2015, à 22:48
Bonsoir, cher Philip et tout d'abord bonne et heureuse année, meilleurs voeux pour 2015!
Merci pour ce très beau texte philosophique et poétique que tu m'adresses! Je voulais dire que , s'il n'y a plus de cosmos ordonné, régulier et harmonieux comme l'ont pensé les Grecs, alors du même coup, il n'y a plus de monde au sens du Mundus des Latins, c'est à dire propre, unifié, stable et symétrique mais un conflit désordonné de Forces en lutte sans dialectique ni résolution finale, glorieuse et pacifiée comme l'a pensé Hegel. Du coup, le Sens ne serait plus que juxtaposition, assemblage, dispersion, éparpillement sans unité, sans fondement, sans fondation et c'est pourquoi je convoque à la fin du poème, les cendres, les ruines et la poussière comme notre absence de Destin et notre Faiblesse native et ultime! Demeure qu'il y a de la durée, des possibles, des oeuvres mais peut-être plus marqués par l'ombre et l'humilité!
Merci encore. Amitiés. A bientôt. Jacques.

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