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Bien des ans sont passé si j'ai bonne mémoire
Où se mêle l'amour et parfois le chagrin,
Je voudrais vous conter humblement notre histoire,
Un soupçon de douceur dépose sur ma main
Le bouquet merveilleux des frissons de mon âme,
Au début de l'idylle un typhon m'emportais,
Je goûtais le vertige en brûlant d'une flamme,
Le parfum d'églantine empourprait mes coffrets,
Je brodais joliment avec un fil de soie
Un camaïeu de fleurs sur la peau de son corps,
Les fruits de son amour aux ordres de ma joie
Distillaient sur ma lyre une brise d'accords,
Il m'avait en effet par d'intimes caresses
Transformé en déesse amoureuse du soir
Redorant mon soleil par de chastes promesses
Ses mots enrubannés savaient tant m'émouvoir,
Et puis le temps passa éloignant l'hirondelle,
Son lyrique printemps fit place au plein été,
Mais bien du miel encore avec la fleur nouvelle
Coulait sur notre lit en jets de volupté.
Aux jours de messidor pour être un peu son ange
Avec délicatesse en cueillant quelques fleurs
Je chantais "nuit de Chine" approuvant la mésange
Du crépuscule à l'aube enivrant les rêveurs
Au premiers jours d'automne honorant ma conquête,
J'écrivais mon bonheur d'une écriture d'or
Pour voir alors fleurir les roses du poète
Ses réponses en vers comme ceux de Victor
Jaillit droit de son cœur sur la page céleste
Ajoutait une étoile au ciel de mon regard,
Un vol de papillons sur mon chemin agreste,
Chacun de ses quatrains était un chaud nectar.
Même encore aujourd'hui pour un simple poème
Je peux fondre d'amour comme un adolescent,
La grâce de sa main me prouve tant qu'il m'aime,
Nourrissant mon esprit son pouvoir est si grand.
Je veux garder toujours au fond de mon armoire
Ses messages divins, qui me font défaillir,
Je l'aime encore plus c'est bien la ma victoire
Je ne veux que ses yeux jusqu'au jour de mourir.
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