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Il est midi, Bourgeois, passez d’un pas tranquille !
Allez manger chapons ; eux, ils n’ont que croûtons
Et fument les mégots qu’à terre nous jetons ;
Oh ! changez de trottoir s’ils tendent leur sébile !
Ils refusent l’abri que leur offre la Ville
Et se moquent de nous quand nous nous écartons !
Ils grelottent de froid, leurs draps sont des cartons,
A l’hôtel de la Cloche, ils ont leur domicile.
Il est minuit, tout dort, soyez en paix, Bourgeois,
Car les déshérités savent porter leur croix
Et ne quémandent pas votre mansuétude.
Pour trouver la chaleur, ils attendent l’été ;
Chacun sait en son for que si l’hiver est rude
Il risque de mourir... oui, mais en liberté !
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