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Que puisse Hermès, dieu des voyages,
Du bout de sa baguette d'or
Apporter aux dieux ce message
A l'Olympe et ailleurs encor.
Par les quatre vents de la Grèce :
Borée, Euros, Notos, Zephyr,
Que m'envahissent, m'intéressent
Les secrets qu'Océan soupire.
Dussè-je aller jusqu'à Dodone
Entendre Zeus -s'il parle encor-
Ou même fixer la Gorgone,
Afin d'être un nouveau Nestor,
Un doux aède, fils d'Homère,
Plus beau que fut dame Arété,
Buvant à même le cratère
Sans jamais être rassasié;
Savoir jouer comme Apollon
De la lyre et de la cythare
-Si tard qu'il soit pour la saison,
C'est plus clair ici qu'au Tartare.-
Braver le Styx et l'Achéron,
Le Cocyte et toutes ses larmes,
Subir le sort d'Agammenom
Pour savoir les sorts et les charmes.
Mais j'en appelle à Tirésias..
Si j'aime les Muses, les Grâces
Bien que brave tel Ménélas,
Achille, Ulysse et puis j'en passe
Ni à Délos, ni à Ilion,
Même au nom de la Poésie,
Je refuse la libation
S'il faut boire de l'Ambroisie.
Le Nectar ! Oui. Si le lotos
M'était révélé par magie.
Mais même si j'offense Hélios,
Oui je refuse l'ambroisie.
Car l'Enfer serait sur la terre
S'il m'arrivait l'Eternité
Que cette boisson-là confère.
Plutôt mourir d'ébriété !
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