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Estomper les couleurs aux teintes surannées
De notre vie rêvée et vécue à la fois
C’est vider la mémoire et tarir les années
D’un temps au diapason des enfants d’autrefois.
Les souvenirs ainsi, à jamais se délitent
Et, pire que l’oubli, las, deviennent traîtrise
En venant affadir l’âme qu’on déshérite
De l’essentiel des choses qui nous étaient de mise.
Ah, pouvoir retrouver en quelque imaginaire
L’essence de nous-mêmes ou sa simple fragrance
Pour effacer enfin l’artefact délétère
Engendré au long cours de notre déshérence !
Est-il alors possible aux heures à venir
De s’offrir dans l’instant un regain de conscience,
Sans que nos illusions ne viennent l’obscurcir,
Pour restaurer au cœur de nos vraies souvenances
Les songes endormis de tant de résilience ?
Fanch
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