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Mes poèmes - Moi

 

Asphyxie

le dimanche 22 février 2015, à 16:16. Posté par Lola





De ces cases vides se détournent mes pas
Géométries variables, dérives du compas,
Compulsions et volumes, boites entassées,
Univers silencieux, intérieurs matelassés.

Des cubes préfabriqués où l'air n'entre pas,
Sans axe ni profondeur, presque tout plat,
Bien trop exiguës, pleins de retenue,
Ne sachant mieux décrire la déconvenue.

Miroirs à facettes où se terre la peur,
Se trament puis tarissent de l'intérieur
Des larmes trahissant les sourires déguisés
Fuyants les drames des lames aiguisées.

Sur le fil tendu des destins déjà tracés
Souvent maintenus, parfois remplacés,
L'asphyxie règne, gagnant toute la place
Dans les reflets des artifices qui glacent.





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commentaires ( 11 ) (Ajouter un commentaire)
violette le dimanche 22 février 2015, à 17:27
je suis claustrofolle

Imparfait le dimanche 22 février 2015, à 18:20
Ton poèmes ne fait penser à beaucoup de choses car des boites vides étriquées qui sont à la fois source d'asphyxie mais aussi des endroits silencieux et matelassées peuvent êtres des lieux existants sans fenêtre ouvertes sur le monde extérieur, des lieux repliés sur eux-mêmes où tout est blanc, propre, aseptisé comme des chambres d’hôpitaux, des blocs opératoires, des chambres funéraires voire des cercueils.
Mais cela peut aussi être les facettes d'un cœur fermé aux possibles élans vers l'autre par peur de souffrir et qui préfère rester dans un intérieur qu'il a lui-même matelassé, protégé, blindé en verrouillant toutes les issues sentimentales qui le conduiraient à prendre des risques.
Cela pourrait aussi être à l'image d'un esprit fait de cases vides de sens, vide de vie, vide d'envie, vide de raison ! Des cases sans axe ni profondeur mais capables, sous des sourires extérieurs, de malmener voire harceler l'autre afin de l’asphyxier peu à peu et de le rendre complètement dépendant de l'air que lui respire.
Ou tout simplement les cases noires ou blanches de l'échiquier de la vie avec des règles de jeu écrites à la naissance : le cavalier pour t'emporter sur les cases blanches et le fou sous des aspects de protecteur, toujours prêt à te pousser vers le noir.
Un poème qui ouvre la porte à beaucoup de sentiments qui peuvent faire froid dans le dos du lecteur.
Merci pour ce moment de partage,
Bises chaleureuses du cœur Lola.

Lulu le dimanche 22 février 2015, à 18:35
Bonsoir Lola,
Comme le dit imparfait, plusieurs impressions, comme dans un cube, que tu sois en haut ou en bas, tu ressens les mêmes choses, sentiments de malaise et d'oppression, parfaitement écrit pour le lecteur ! Merci pour le partage de tes peurs peut être? Bien à toi .

Marie-Claude ( scarlatine) le dimanche 22 février 2015, à 18:41
bonjour Lola
une atmosphère glaciale se dégage de ton poème , cela me fait penser au monde actuel
ou tout est codifié , aseptisé , vide de sentiments ..........j'ai beaucoup aimé
amitié
très beau dimanche

bluegirl le dimanche 22 février 2015, à 20:22

VIOLETTE,
Alors on se comprend puisque ce que j'évoque est le sentiment d'être envahie par ce qui est superficiel, au point d'étouffer...


IMPARFAITLIBRE,
Certains aspects du confort deviennent vite superflux à mon sens, et mes pas s'en détournent, tu vois...car ça ne me correspond pas.
Etre en contact avec beaucoup de gens actuellement, m'éprouve dans tout ce qui est superficiel...(et non, je ne me sens pas particulièrement sur mes gardes), et dès qu'une opportunité se présente pour m'en détourner, je la saisie...elles ne manquent pas...je fais donc du slalom de l'intérieur, lol !...
Ce qui en ressort est que ce n'est pas une bonne idée de me suggérer de rentrer dans une case...ça n'a jamais marché avec moi, car dès lors je sais ce que je veux : en sortir !...
J'ai déjà écrit sur la stigmatisation récemment, et cet écrit peu fluide de par le sujet, rejoint le sentiment d'asphyxie.
Quand à me proposer un cœur, il faut quand même faire gaffe aux incompatibilités : je suis de rhésus A négatif, et les gentils donateurs pourraient devenir mes bourreaux...comme question bourreaux déjà j'ai donné plus que de raison, alors bref...
Quand au destin la dedans, je crois quand même à une part de libre arbitre,...et justement, je ne pense pas que c'est un hasard d'avoir perçu les fameux schémas répétitifs que nous avons dejà abordé maintes fois en discussion...
Maintenant, c'est moi le cavalier, et il n'est jamais trop tard pour prendre soin de sa monture...(ni de sa vie !)


LULU,
Merci pour ta première visite qui me fait plaisir, tout comme j'aime lire ta poésie.
Bien vu pour le sentiment de malaise presque grinçant...l'essentiel pour moi étant de ne pas rentrer dans le moule de la superficialité !


SCARLATINE,
Merci à toi aussi de t'être laissée imprégnée par cette atmosphère glaciale, plutôt à l'inverse de la convivialité qui m'anime.
Répondre à des valeurs similaires ou différentes de celles des autres me semble essentiel...(et ça demande de la réciprocité !)
Quand au manque de valeurs, ils nous mènent souvent à des codes dont on peut soupçonner l'utilité. J'ai été très jeune confrontée à ça puisque je ne correspondais pas à ce qu'on attendait de moi...j'aurais donc pu écrire ce poème avec quelques dizaines d'années de moins !...



Merci à vous tous
d' avoir enrichi mon écriture de vos partages.
Veillez m'excuser si je commente peu en ce moment, alors que j'apprécie de vous lire chez moi et entre vous !
Amitiés poétiques, Lola.
mespoems.net/bluegirl


domidom le dimanche 22 février 2015, à 22:31
Voilà une poésie qui donne biens des frissons, voir même un sentiment de peur....
On ressent dans tes vers, comme une sorte d'oppression, malgré toi, tu nous enfermes, ou plutôt tu nous refermes dans un piège sordide, monstrueux, un piège dans lequel il n'existe aucune porte de sortie....
J'ai pourtant aimé te lire, malgré ce mal aise que j'ai ressenti....
Bises, Domie...

José le lundi 23 février 2015, à 12:19
Le thème de l'enfermement revient assez souvent en filigrane dans tes poèmes, comme si tu cherchais à exorciser sa peur, que peut-être tu as connue.
Mais ces espaces clos, angoissants, "où l'air n'entre pas, sans axe ni profondeur,
presque tout plat", que tu sais désormais reconnaître, tu parviens toujours à les garder à distance comme tu l'écris d'emblée au premier vers.
Amitiés.

bluegirl le mardi 24 février 2015, à 20:33

DOMIE,
J'évoque les artifices, je t'y enferme pas !
On y est tous enfermés plus ou moins, et on le revendique...ou pas !!!
Les vers se veulent oppressants, à la mesure des constats que je fais : des constats sociologiques, mais quand même pas aigris puisqu'il y a toujours un moyen de s'en sortir, même si c'est pas inclus dans la notice (mes vers) !
...ce sera pour une autre fois !


JOSE,
Je parle d'un cheminement où effectivement l'enfermement psychique, ses peurs et ses conséquences ont eu un impact important pour moi. En sortir m'a demandé autant de volonté que de courage, car je me suis débrouillée à peu près seule.
Aujourd'hui, ça n'aurait pas de sens de revenir en arrière pour m'appesantir, j'utilise juste ce que j'en ai appris pour mettre la distance qui m'est nécessaire avec ce qui me parasite, et mes constats me portent à m'exprimer sur ces distances, parce qu'elles ne sont pas figées mais adaptables !
Bon, ici il s'agit que d'une facette de ce qui pourrait potentiellement me parasiter : le relationnel artificiel, et au fond, quoi de plus banal lorsqu'on vit dans une grande métropole ?


Merci à vous 2 pour votre fidélité et votre intérêt à me lire.
Je vous souhaite une très bonne semaine, bises,
Lola.


Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 25 février 2015, à 09:30
Bonjour Lola.
Eh bien ce sera un commentaire qui exige de la pudeur. Il y a plein de choses à méditer dans ton poème. Pas uniquement le thème de l'enfermement. J'ai lu les commentaires qui précèdent et j'ai pu constaté que chacun d'entre nous est confronté, pas forcément à des "peurs qui glacent", mais à des interrogations qui exigent l'introspection. Et là, c'est parfois terrible, car l'on s'adresse à soi-même, se demandant parfois quelle est la propre part de nos mots. J'évoque souvent, tu le sais, la fameuse "trame" pour illustrer le Destin. Le cheminement de nos vies nous fait entrer au sein de cet écheveau. Et notre chemin, ce que l'on y rencontre, entre libre-arbitre et hasard, eh bien il faut "faire avec". Dans ta réponse à José du souligne ta volonté et ton courage. Et de cela, tu peux en être fière. Tant que tu auras cette détermination, je ne pourrais qu'en être sincèrement heureux pour toi. Le poème ? Il est allégorie bien sûr. L'illustration en donne un peu le départ et la clé. Le monde est en trompe l'oeil. Même le psychique s'y laisse prendre. Mais heureusement, nous ne sommes pas si matelassés, en camisole, bien que souvent oppressés et aliéné dans ces grandes métropoles. Merci pour cette réflexion personnelle que tu as faite sous forme versifiée mais qui est une sorte de.....notice (sourire !) comme tu le dis. Amitiés et bises, Lola. Philip.

Cerise le mercredi 25 février 2015, à 11:42
Coucou Lola,
Ton poème m'entraine avec une redoutable efficacité dans un sentiment d'oppression. Quelque chose de familier, de vécu surement à certains instants de la vie et dont on souhaite s'échapper. Repousser les murs, crier. Se remettre au monde.
Se liberer.
Merci Lola pour ce troublant partage...sourire
amicalement
Béatrice

bluegirl le jeudi 26 février 2015, à 10:00

PHILIP,
La notice est censée apporter une solution, et ce n'est pas le cas ici puisque je suis dans le constat.
Mais un constat assez récurent, et grâce à la remarque de José, je me suis rendue compte que le thème de l'enfermement est plutôt répétitif depuis un temps, même si j'y mets quelques nuances, comme la non communication, le mode de vie citadin, l'alcoolisme, et les artifices comme ici.
Remarque judicieuse, qui donne envie de focaliser sur d'autres choses.


BEATRICE,
Repousser les murs, c'est exactement ça, au sens propre au comme au sens figuré.
Si c'est dit efficace, c'est que tout en me parlant à moi même, je fais passer des messages aux personnes à qui ça fait écho...
: )


Merci pour vos coms chers poètes, à bientôt de se lire, amicalement.
Lola.
mespoemes.net/bluegirl

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