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Monsieur, tous les gens vous regardent de haut
Ils vous méprisent, les passants
Mais Monsieur ! Vous avez autant de valeur que moi,
Vous avez autant de valeur qu'eux !
Regardez comme je vous regarde, vous êtes mon frère !
Ne mourrez pas de froid cet hiver
Monsieur arrêtez de croire que vous n'êtes plus rien
Toute vie a une valeur inestimable
Monsieur vous souffrez et c'est moi qui souffre
Ne restez pas là, sortez du gouffre !
Monsieur j'exècre ces passants qui vous insultent !
Qui vous dénigrent, qui vous rabaissent, je les hais !
Dès lors que n'avez pas l'argent, qu'êtes vous ?
L'argent a t-il le droit de vie ou de mort sur nous ?
Oh... Je me perds dans ma quête de sens !
Aujourd'hui il me faut des papiers pour prouver mon existence !
Ah Monsieur, je sais bien qu'il faut cela pour s'organiser
Pour permettre à la société de marcher
Mais quand même, ce monde est fou.
Monsieur, sachez qu'il y a des gens dans ce bas monde
Qui vous considèrent encore comme leur frère !
Monsieur j'ai mal où vous avez mal
Et je saigne où vous saignez !
Il y en a un autre plus loin, et un autre encore
Demain l'un d'entre vous sera mort
Mais pourquoi, pourquoi Seigneur
Qu'ont t-ils fait, mes frères
Pour vivre dans la poussière ?
Monsieur relevez la tête, je veux voir vos yeux
Même s'ils sont gris
Gris de pluie
Vous pouvez encore être digne
C'est la seule chose qu'il vous reste
Mais que reste-il au cœur malade
A part la fraternité d'un camarade ?
Monsieur
Pardonnez moi
Je suis passée devant vous encore une fois
Pleine de bonnes pensées mais la parole timide
Triste et révoltée mais le regard dans le vide
Monsieur
Pardonnez moi
Malgré tout cela
De n'être qu'une passante au regard froid
Une passante qui ne repassera pas
"Ne suis-je pas comme les autres finalement ?"
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