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Le temps d’avant…
J’suis né quelque part en Picardie,
Terre grasse qui tellement nourrit
Ses plaines de blé doré louvoyant,
Sous le vent, richesse de tous temps.
Région de pâturages, de vaches laitières,
Travail difficile, sans loisirs, sans manières,
Levé tôt le matin, pas de répit pour le paysan,
Travail pénible, usant du matin au couchant.
Ployant sous la charge, du sol au grenier,
Je les ai connus, vachers et palefreniers
Hommes durs, vivants au rythme des saisons
Leur loisir, taper le carton, et boire un canon
La fête du village, jour de belles réjouissances
Costumes, manèges et flons flons, bonne pitance
Chacun fabrique ses tartes pour tous amis et voisins,
Aux bistrots c’est la fête, sur les tables coule le bon vin
C’était la vie à la campagne, avant le progrès
Après les guerres, toute cette vie décimée
Même saluer le voisin devient une corvée
Chacun chez soi, toutes portes fermées.
Nos chers bistrots, eux aussi fermés
La vie sociale disparue, villages dortoirs
On tape le carton, belote et rebelote
Ça se passe sur la tablette.
Personne en plaine, personne à la messe
Joie ou tristesse ?
Ainsi va la vie
Charlesp
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