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Consolation des rêves

le lundi 16 mars 2015, à 22:22. Posté par René


    A Marylène, qui m'honore de son amitié,
    qui, de par sa profession, doit souvent évoquer ce sujet :

    "De l'infidélité de la mémoire à la consolation des rêves"

    Nous traînant derrière eux impitoyablement,
    Les jours, sans s'arrêter, tissent nos souvenirs,
    Tombent à la renverse arrivés au trépan
    Et creusent le fossé de nos prochains gésirs.
    Les printemps oubliés reposent sous la neige
    D'un novembre sinistre où geignent les corbeaux.
    C'est ainsi que s'en vont en funeste cortège
    Nos instants les plus doux, nos actes les plus beaux.
    Mais tandis que la nuit glace à coeur nos désirs
    Le dernier feu survit à l'âtre noir de cendres.
    La braise qu'on tisonne y mêle ses soupirs
    Aux chants de la veillée où les heures sont tendres.

    Kronos est pour nous tous ainsi qu'un Attila
    Et le moment venu ne nous fera pas grâce.
    Chaque âge de la vie est pareil en cela
    Aux ans multipliés par les saisons qui passent.
    La mémoire s'afflige aux coeurs endoloris
    Et sait enjoliver ce qu'elle nous raconte.
    Ne retenant surtout que les moments chéris,
    Elle triche, elle ment, mais épargne la honte.
    Beaucoup de souvenirs ne sont qu'imaginés.
    Mais qui nous blâmera d'en faire nos élèves ?..
    Si nous devions soudain retrouver nos passés
    Tels qu'ils furent vraiment, nous maudirions nos rêves.


    Le Rheu (35) 13 avril 19997

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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
Salus le lundi 16 mars 2015, à 23:21

C'est bien écrit !

(la date est légèrement surréaliste !)

Micheline 1940 le mardi 17 mars 2015, à 07:02
Votre "Consolation des rêves" est un joli morceau qui m'a vite séduite aux premiers vers, et, ceux qui m'étourdirent au plus haut, furent :
"C'est ainsi que s'en vont en funeste cortège
Nos instants les plus doux, nos actes les plus beaux.
Mais tandis que la nuit glace à coeur nos désirs
Le dernier feu survit à l'âtre noir de cendres.
La braise qu'on tisonne y mêle ses soupirs
Aux chants de la veillée où les heures sont tendres.

Merci, René, pour ce délicieux poème, vibrant d'une nostalgie qui résonne à mon cœur.
J'ai également été très touchée par votre précédent envoi, « Et toi tu chantes »
Avec mon amitié,
M.

domi le mardi 17 mars 2015, à 07:46
une belle écriture ! et un poème bien construit.
chaque vers est profond ce qui fait que les rimes ne "pèsent" pas.... du bel ouvrage !

domidom le mardi 17 mars 2015, à 15:40
Comme toujours de la poésie sans aucun anicroche....
Je me suis aussi arrêtée sur le passage cité par Micheline, passage que j'ai lu et relu avec beaucoup d'émotion....
De très beaux vers, de très belles rimes, de la nostalgie et beaucoup de délicatesse...
Un petit bijou....
DomiE

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