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Hydra
Chaque tête de l'hydre ombrageant mon chemin
M’interdit sans appel de poursuivre plus loin.
La première me scrute et dans ses yeux acier
Je lis la tentation de la facilité.
La seconde me hume et sur son mufle noir
Passe lugubrement l’ombre du désespoir.
Quand se ride la peau de la troisième gueule
Je saisis quelle erreur fut de demeurer seul.
La quatrième sœur montre ses crocs déments
Symboles terrifiants de mon ressentiment.
La cinquième répand une écume qui ronge
Se mêlant au poison de mes plus vieux mensonges.
La sixième vomit une ardente nuée
Flamme pestilentielle exhalant les regrets.
Le dernier cauchemar hurle enfin sa fureur
Echo assourdissant de ma propre frayeur.
Chaque tête de l'hydre ombrageant mon chemin
M’interdit sans appel de poursuivre plus loin.
Ne pouvant triompher sans arme et sans armure,
Je ne peux espérer connaître le futur.
Te servant de ta main, telle une lame fine,
D’un coup bien ajusté tu tranches leur échine.
Ton amour immortel à jamais m’illumine
Et vers des lendemains à nouveau je chemine.
B.
(février 2005 – révisé en 2006)

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