|
Je marche d'un pas leste
Dans la poudre céleste
Recouvrant la banquise,
La mer cette marquise.
L'hiver l'a refroidie ;
J'entends la mélodie
Triste de l'aquilon
Qui traverse, au long
D'un hiver prolongé,
Les flots endommagés
Par la froideur brûlante
Des glaces insolentes.
J'aperçois l'ours polaire ;
J'ai tout pour lui déplaire ;
Son grognement sinistre
Évoque la mort bistre
D'un hiver assassin
Me prenant en son sein ;
Mais la hutte de neige
De la mort me protège ;
Avec une esquimaude,
Je traîne et baguenaude
Dans la chaude glacière,
La douce souricière.
La nuit se compte en mois ;
Neige, danse avec moi
La folle sarabande
Quand le soleil débande
Dans la voûte étoilée,
Car au loin l'azalée
Surgit de l'horizon ;
Aux lueur de saison,
Je vois la primevère
Illuminer l'hiver
De rayons de printemps,
Du matin qui m'attend.
Benadel
http://www.mespoemes.net/benadel
|