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Je Suis Néo- Nazi 3 : Querelles d' Amoureux

le jeudi 19 mars 2015, à 14:54. Posté par Loïc




    Je sais que je vous ai déjà tellement parlé des qualités de Papa et Maman que j’ai pu donner l’impression qu’ils étaient parfaits. Eh bien en fait, non. Bien sûr ils s’aiment comme au premier jour (il faudra que je vous raconte comment ils se sont rencontrés, c’est très beau, vous vous doutez), mais même les plus grands amoureux se disputent parfois lorsque l’un passe les bornes. Aujourd’hui je vais vous en parler, et sans faire de cadeaux pour une fois.

    Il y a des moments où tout semble aller tellement bien qu’on ne croirait pas que deux minutes plus tard le bunker (c’est comme ça qu’on appelle notre appartement en banlieue de Calais, c’est notre truc à nous) puisse ressembler à Stalingrad en 42. Ça arrive surtout quand Papa amène son père dans la conversation. Son père, c’est mon Papi, celui qui est mort à 93 ans en Argentine. C’est la faiblesse de Maman : il y a beaucoup de choses qu’elle ne peut pas piffer, mais dans le Top 3 il y a les étrangers qui détruisent la France, une croix gammée faite à l’envers par un illettré, et mon Papi ; et suivant les cas mon Papi remonte dans le score. On m’a dit que je l’ai vu quand j’étais tout petit, une seule fois ; aussi, Papi ne se déplaçait pas beaucoup et recevait encore moins, et pourtant il paraît qu’il y avait des tas de gens qui tenaient à le rencontrer. Pas toujours des gentils, d’ailleurs ; Papa m’a dit que c’était à propos de choses qu’il aurait faites dans un camp de vacances en Allemagne pendant la Seconde Guerre Mondiale, qui étaient des mensonges sionistes mais dont je pouvais être fier, ce qui selon lui résume la position de Jean-Marie. Là, je vous avoue que je n’ai pas tout compris.

    Bref, à propos de fierté, un Mardi soir Papa se préparait pour aller faire de l’art dans un cimetière juif qui n’est pas très loin de mon collège. Le cimetière, je l'ai déjà visité cinq fois de jour avec Mlle Singh et les autres profs d’Histoire, mais s’ils savaient combien de fois je l’ai visité de nuit avec Papa, ça ne leur plairait pas, parce qu’il a une approche un peu différente. En tous cas, ce soir-là Papa y allait seul, Maman lui avait fait son sac à dos avec le matériel et un goûter, et pan, Papa a gaffé. Il a annoncé : « Pour l’anniversaire de la mort de mon père, j’ai prévu un truc spécial », et il n’a même pas eu le temps de dire le truc spécial que Maman glissait « Si c’est aussi spécial que ton père, sache que personne dans cette famille n’a envie d’aller manger de la papaye dans la forêt vierge comme lui pendant 60 ans à cause d’une bêtise, et je suis polie ». Moi, ça m’a tout de suite fait penser à une blague que je connais : vous savez comment on ramasse la papaye ? Avec une foufourche.

    Mais vu la tête de Papa, il n’a pas dû penser à la blague, ou il ne la connaissait pas, parce qu’il a répliqué : « Mon père était un héros de guerre » et Maman a dit : « Ton père catapultait des hiboux avec une planche à repasser pour faire du ball-trap au pistolet à clous. Pas vraiment un modèle de stabilité mentale pour les enfants ». Papa a expliqué que Papi avait craqué après 1945 et qu’on s’amusait comme on pouvait, mais quand Maman a proposé de descendre lui acheter un hibou chez Jardiland à la fin du repassage, Papa est devenu tout rouge et je suis allé moi-même dans ma chambre faire mes devoirs avant qu’on me le demande, comme chaque fois qu’il y a du blitz dans le salon. Je n’aime pas que Papa et Maman se disputent, mais quand même, Maman avait un peu exagéré en attaquant Papi comme ça : souiller la mémoire des morts, ça ne se fait pas. Ou elle aurait au moins pu attendre que Papa revienne de la profanation du cimetière, pour ne pas gâcher ce qui allait être un bon moment.

    Mais ça n’a rien gâché, ils ont fini par faire la paix, et ils ont passé la soirée en amoureux à écouter des disques de Marlene Dietrich jusqu’à l’heure que Papa sorte. On nous a appelés pour la bise, comme toujours quand on ne va pas avec lui, parce que Maman dit qu’en cas de pépin, la prochaine bise pourrait attendre des mois. Je voulais accompagner Papa, mais je sais que quand j’ai école tôt le lendemain je n’ai aucune chance ; Maman ne veut pas que je sois fatigué en cours. Ça n’a pas raté, on a dû aller se coucher.

    Et cette nuit-là !!!!!!...

    Hermann et moi (Hermann c’est mon petit frère, il a 8 ans), on s’est réveillés à 3 heures du matin parce que Papa et Maman étaient de nouveau en train de se battre dans le salon. On est sortis de la chambre, et voilà : en fait, pour honorer la mort de son père et faire un cadeau-surprise à Maman, Papa avait ramené du cimetière une pierre tombale juive de 70 kilos ; même que comme l’ascenseur était en panne depuis une semaine, il l’avait montée tout seul par les escaliers sur 10 étages en moins de deux heures. Et Maman criait que d’habitude elle ne disait rien pour ces profanations infantiles, mais que là un cap avait été franchi et que ça valait bien les hiboux ; et Papa essayait d’expliquer qu’il n’avait justement rien profané, qu’il avait seulement pris la pierre tombale qui était encore nickel pour que les enfants puissent s’entraîner dessus en toute sécurité à la maison, et que ça ferait joli dans le salon ensuite. Maman a plaqué ses deux mains sur sa figure tout en arrivant à respirer très fort quand même, puis elle a demandé calmement à Papa (mais quand elle est calme comme ça on sait tous qu’elle n’est pas calme) de rapporter cette horreur là où il l’avait trouvée, et sans réveiller les voisins s’il te plaît parce qu’il y en a qui bossent, eux. Papa a regardé la pierre tombale, il devait penser aux escaliers, et il a dit faiblement « Maintenant ? » mais Maman était tellement calme qu’il a fini par partir avec son cadeau, pendant qu’elle le suivait à la porte en lui garantissant qu’elle vérifierait au 13h de TF1 qu’il l’avait bien fait. Et en effet, comme au journal de ce Mercredi on ne parlait que de mosquées incendiées et pas de la tombe, nous avons compris que tout allait bien et qu’il avait obéi. Papa ne l’a pas vu, le journal ; il a dormi pendant quinze heures.

    Ça a été dur de rattraper la boulette avec Maman, ça a même pris des jours ; et sans qu’elle ait besoin de rien dire Papa s’est auto-privé de profanations pendant deux mois, ce qui n’était jamais arrivé, sauf en taule mais c’est différent.

    Je crois que vous avez tous compris que Maman est d’habitude douce et gentille, et Papa tolérant et compréhensif, mais qu’il y a des choses en ce monde avec lesquelles il est interdit de rigoler.



    Dimanche 9 Mars 2015

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commentaires ( 6 ) (Ajouter un commentaire)
mamie gaga le vendredi 20 mars 2015, à 10:52
mon pauvre petit
quelle famille !
mais tu sais ça remonte loin et ça descend bien pasque chez moi ils sont tous anti ci et ça sauf moi alors bien sûr ils m'aiment pas
tu devrais prendre des vacances avec Heinrich
moi je préfère les pierres précieuses aux pierres tombales
allez bon courage ne reste pas sous les bombes

Petit Heinrich le dimanche 22 mars 2015, à 08:08
Cher Tonton,
Comme t’en as de la chance d’avoir un n’héro dans la famille avec votre papi qui a émigré en amérique du sud pour élever des bons biftèques argentins et manger des bon fruits exotiques. Mon grand frère, il a lu le brouillon de la lettre que je t’envoie et y m’a grondé, pasque j’avais écrit « immigré ». « Non Heinrich, chez nous quand on doit quitter notre pays passqu’on a fait des bêtises, on est des émigrés. C’est pas pareil. Les immigrés c’est les autre, les bougnoules, les niakoués, etc…. »
C’est quoi les « etc » ? Y me répond : « Oh, c’est tous les autres et crois-moi, y sont nombreux et à cause d’eux on aura des problèmes collatéraux – ze sais pas ce que ça veut dire – et on aura plus assez de bois pour se chauffer cet hiver avec toutes ces fournées qu’il faudra faire».
Enfin je suis bien content de savoir que ton papi c’était un n’héro. Il a dû être décoré et quand il a reçu sa belle médaille noire dire en tendant le bras devant lui « croix de fer, si je mens je vais en enfer ». Je l’ai vu faire dans des films de papa en V.O. mais je comprenais pas, pasque c’était en allemand.
Nous, notre papi, on n’en était pas fier, c’était un zéro de la Résistance qu’a caché chez lui des gens qui contaminaient les esprits au lieu de débarrasser la France des chancres qui le rongeait au lieu d’aryaniser le pays.
Bon, je comprends pas tout mais ze sais que c’est pas bien. Mais il est dur mon grand frère. Y m’a dit que quand même, mon tonton, t’aurais dû être prof d’allemand, passqu’un jour, y m’a dit, y désespère pas qu’on reparle cette langue chez nous. Mais apprendre la langue de la CIA c’est vraiment être un prof fané, y a dit en rigolant.
« Ben si il profane – j’ai dit - c’est que c’est bien. On profane tous dans la famille, c’est rigolo ».
L’autre jour, tu m’as dit que ton papa il avait mis le feu à son pantalon avec un coktail molotov. Mon tonton Philip, le trotte-kyste qui va souvent dans les amériques y m’a dit qu’il a vu en Alabama un de ses copains qui m’a dit qui s’était trompé sur son compte, qui s’était brûlé aussi. Mais déjà ça m’a fait rire, car son copain américain y s’appelait Helmut Smith, et des fois tonton Philip il est bête. Même moi je savais qu’Helmut Smith c’était un grand ministre allemand (un copain de Mitterrand) et qu’on dit qu’il a eu un passé trouble pendant la guerre. Moi je sais pas ce que c’est un passé trouble mais quand même quand on sait, c’est pas bien, qui y’avait des camps où on était obligé de travailler, passqu’y parait que le travail rend libre, eh ben quand on dit « qu’Helmut fermait les yeux là-dessus » moi je dis que c’est bien, passqu’y faut pas trop travailler quand même.
Mais mon grand frère y dit qu’après on sera fier de relever le pays, et que les faignasses c’est les autres qui sont venus dans notre pays pour toucher les allocs. Et quand je lui demande « Qu’est-ce que ça veut dire quand tonton Philip y parle d’humanisme, y me répond «Les bobards sortent toujours du même nid. C’est du lavage de cerveau, ton tonton il continue à colporter la propagande pro-sioniste qui sournoisement conduit au défaitisme, pour stigmatiser la paresse. Ces gens-là c’est des perroquets, ils répètent des phrases toutes faites qu’on leur a appris et ils sont dangereux ». Il parle bien mon grand-frère, on voit qu’il répète pas comme un perroquet.
Mais je lui ai dit, mon tonton Philip il fait partie d’un club de poètes qui écrivent des jolies choses.
« Ah ! – qu’il a dit en se mettant en colère mon grand-frère – au lieu d’écrire des choses qui ne servent à rien, ces poète faignants, on devrait leur apprendre la façon dont les bons français devraient se comporter pour le bien de leur pays en les incitant au travail, au respect de la famille et de leur patrie et en leur montrant les piliers nécessaires au bon fonctionnement de l'état : la discipline, l'ordre, l'épargne et le courage, car du côté de ces valeurs, la patrie tient debout alors que de l'autre elle s'écroule car elle repose sur la paresse, la démagogie et l'internationalisme bolcho-défaitiste ». Il est fort mon grand-Frère, en plus qu’il est philosophe. Depuis qu’il est responsable de la propagande de la section du Parti, il sait improviser des tas d’idées quand il parle.
Alors je reviens à ce gros bêta d’Helmut Smith qui s’est bêtement brulé en voulant allumer la grande croix dans une fête de lynchage de ses amis du Cul Cul Clan. Il a foutu le feu à ses vêtements. Faut dire que pour que ça soit rigolo y s’habillent en se mettant sur la tête des cagoules comme on se déguise pour Halloween. Alors, on voit pas bien quand on prend les allumettes. Mais ses copains du Cul Cul Clan étaient pas contents passqu’y a fallu appeler tout de suite les pompiers et ce soir-là y a pas pu avoir de lynchage.
Voilà mon tonton. Faut dire à tes parents qu’y fassent attention avec la grosse pierre tombale de 70 kilos, chez nous, le plafond il a failli s’effondrer à cause de la manie de papa de collectionner les uniformes et les casques allemands qui pèsent très lourds quand y en a trop. Mais un jour, j’ai rien dit, faut garder le secret, j’ai vu dans le grenier plein de Cal-Hache Niquofes, des grenades, des pistolets. Mon grand-frère qui m’a surpris a eu l’air gêné surtout quand il a dit « j’espère que mes cons de parents ont pas acheté ça chez des racailles du 9-3. Enfin, ça peut toujours servir ! ». A bientôt, mon tonton. Aïe, toi ! »

mamie le mardi 24 mars 2015, à 10:27
Heinrich je te corrige
un zéro pas un n'héro
le linge sale du culcul clan
calache nique off
mais tu causes mal
allez bisou sale gosse

Loïc le mercredi 01 avril 2015, à 09:03
Violette : Les pierres tombales sont des pierres précieuses pour certains ; cette famille ignoble les apprécie, en tous cas.

Amitiés !

Micheline 1940 le vendredi 03 avril 2015, à 13:49
Rires en apothéoses ! J'ai adooooré !
Merci cher Loïc d'enchanter notre Site d'une façon aussi joyeuse et originale !!!
Amitiés de M.

Loïc le vendredi 03 avril 2015, à 18:47
Merci Micheline. Au fait, si vous lisez ceci, je vous ai confirmé dans une ancienne réponse qu'une de mes influences majeures était bien Goscinny !

Bonne soirée !

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