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Lettre de voeux à un amour d'enfance

le samedi 28 mars 2015, à 23:06. Posté par René


    Te souviens-tu malgré ce temps
    -Le temps s'en va sans crier gare-
    Du petit chevalier servant
    Qui te protégeait des bagarres?
    C'est vrai, j'ai pris des coups pour toi.
    -Tu fus toujours belle et rebelle-
    Je t'admirais tant malgré moi
    Pour ton aisance naturelle.

    Nous grandissions sans le savoir
    Que la vie avait ses traîtrises.
    Si je t'aidais pour tes devoirs
    Tu me donnais des friandises.
    Tu chantais comme un rossignol.
    Désormais les foules t'acclament.
    Je ténorise -ô en bémol !-
    C'est ma détente , mon sésame.

    Nous avons longtemps partagé
    La même foi, les mêmes doutes.
    Nous avions si souvent pensé
    Que nous prenions la même route.
    Nous avons si souvent rêvé
    Que nous pourrions changer le monde.
    Nous voulions tout et tout donner
    Pour rejoindre et grandir la ronde .

    Si nos chemins ont divergé
    Ce ne fut jamais par usure;
    Chacun devient ce qu'il était.
    On ne triche pas, on assure.
    Oui ! Nous aurions pu nous aimer
    Mais la vie a changé le conte.
    On s'emploie, on se bat, on fait
    De son mieux et c'est çà qui compte.

    Pour toi les feux du plein été,
    A toi le soleil du beau monde.
    Tu resplendis dans ta clarté.
    La clarté de mes nuits m'inonde.
    J'ai des souvenirs par milliers.
    Tu seras toujours des plus tendres.
    Va ! profite de ton succès.
    La vieillesse a le temps d'attendre.

    On dit que tu n'as pas connu
    La chance d'un bon mariage.
    Est-ce vrai que tu n'as pas eu
    D'amour dans tes marivaudages ?
    Pour moi, çà va de ce côté :
    J'ai six enfants ; ma femme m'aime.
    Parfois l'argent vient à manquer,
    Mais nous sommes heureux quand même.

    Je vais très raisonnablement
    Sur la pente étroite où je peine.
    Toi, tu brilles au firmament
    Du Grand Paris et de sa scène.
    J'écris avec ténacité
    Ce que j'aime et parce que j'aime.
    Quand je te vois à la télé
    Es-tu libre au fond de toi-même ?

    Dis, as-tu trouvé le bonheur ?
    Crois-tu toujours qu'il est partage ?
    Reste-tu jeune dans ton coeur?
    Pour moi, je ne sens pas mon âge.
    Sais-tu toujours t'émerveiller ?
    Ah ! comme il sonnait bien ton rire !
    Parfois il est doux de pleurer
    Quand on sent son coeur qui chavire.

    S'il t'arrivait de regretter
    Le temps béni de notre enfance,
    Pense à ton vieux copain René
    Qui sait en préserver l'ambiance.
    Etant tout simplement heureux
    Non sans regret, mais sans tristesse,
    Permets qu'il t'offre pour ses voeux
    Un petit peu de TA jeunesse.

    Mis en musique par l'auteur.

    Betton 1990

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commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
didou le dimanche 29 mars 2015, à 09:35
Bonjour rené, il reste là présent dans nos souvenirs l'amour d'une jeunesse insouciance de nos avenirs, il compte beaucoup pour nous ce tendre bonheur et la vie s'assure avec des coups mais aussi de vrais valeurs
Un bel écrit doux et tendre à la fois, une nostalgie qui fait du bien..
Merci pour ce partage
amicalement didou

domi le dimanche 29 mars 2015, à 19:49
c'est très doux, René...
"non sans regret mais sans tristesse", j'aime beaucoup
belle soirée !

domidom le dimanche 29 mars 2015, à 21:55
Comme il est bon de se souvenir, en poésie ou en musique, les tiens nous offrent une merveilleuse lecture...
Au plaisir...
Domino...

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