|
Te souviens-tu malgré ce temps
-Le temps s'en va sans crier gare-
Du petit chevalier servant
Qui te protégeait des bagarres?
C'est vrai, j'ai pris des coups pour toi.
-Tu fus toujours belle et rebelle-
Je t'admirais tant malgré moi
Pour ton aisance naturelle.
Nous grandissions sans le savoir
Que la vie avait ses traîtrises.
Si je t'aidais pour tes devoirs
Tu me donnais des friandises.
Tu chantais comme un rossignol.
Désormais les foules t'acclament.
Je ténorise -ô en bémol !-
C'est ma détente , mon sésame.
Nous avons longtemps partagé
La même foi, les mêmes doutes.
Nous avions si souvent pensé
Que nous prenions la même route.
Nous avons si souvent rêvé
Que nous pourrions changer le monde.
Nous voulions tout et tout donner
Pour rejoindre et grandir la ronde .
Si nos chemins ont divergé
Ce ne fut jamais par usure;
Chacun devient ce qu'il était.
On ne triche pas, on assure.
Oui ! Nous aurions pu nous aimer
Mais la vie a changé le conte.
On s'emploie, on se bat, on fait
De son mieux et c'est çà qui compte.
Pour toi les feux du plein été,
A toi le soleil du beau monde.
Tu resplendis dans ta clarté.
La clarté de mes nuits m'inonde.
J'ai des souvenirs par milliers.
Tu seras toujours des plus tendres.
Va ! profite de ton succès.
La vieillesse a le temps d'attendre.
On dit que tu n'as pas connu
La chance d'un bon mariage.
Est-ce vrai que tu n'as pas eu
D'amour dans tes marivaudages ?
Pour moi, çà va de ce côté :
J'ai six enfants ; ma femme m'aime.
Parfois l'argent vient à manquer,
Mais nous sommes heureux quand même.
Je vais très raisonnablement
Sur la pente étroite où je peine.
Toi, tu brilles au firmament
Du Grand Paris et de sa scène.
J'écris avec ténacité
Ce que j'aime et parce que j'aime.
Quand je te vois à la télé
Es-tu libre au fond de toi-même ?
Dis, as-tu trouvé le bonheur ?
Crois-tu toujours qu'il est partage ?
Reste-tu jeune dans ton coeur?
Pour moi, je ne sens pas mon âge.
Sais-tu toujours t'émerveiller ?
Ah ! comme il sonnait bien ton rire !
Parfois il est doux de pleurer
Quand on sent son coeur qui chavire.
S'il t'arrivait de regretter
Le temps béni de notre enfance,
Pense à ton vieux copain René
Qui sait en préserver l'ambiance.
Etant tout simplement heureux
Non sans regret, mais sans tristesse,
Permets qu'il t'offre pour ses voeux
Un petit peu de TA jeunesse.
Mis en musique par l'auteur.
Betton 1990
|