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J’ai relu mille fois tes vers pour les graver
En lettres de douceur au creux de ma mémoire ;
Un tel aveu d’amour ! J’osais à peine y croire,
Et, bercé par tes mots, me suis mis à rêver :
Nous tenant par la main, nous courons dans les champs
Encor vierges et nus que le semeur emblave,
Étourdis, enivrés par le parfum suave
De l’aubépine en fleur embaumant le printemps.
Sous nos pieds, les tapis de jacinthes des bois
Frémissent de nous voir les briser sans vergogne,
Apeuré par nos ris, un lapin se rencogne
Et nous voyons s’enfuir une biche aux abois...
Quand le soir est venu, le sifflement joyeux
Des merles saluait une lune un peu rousse,
Nous nous sommes couchés sur un grand lit de mousse
Et je me suis baigné dans le lac de tes yeux.
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