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Bonjour à toutes et à tous,
J’ai retrouvé ce communiqué dans mes tiroirs, écrit à 80% tel quel en 2013, mais je ne l’avais jamais posté parce qu’il n’y avait aucune raison de le faire à ce moment précis (bien que ç’ait été inspiré par des événements réels sur le site, mais plus vieux encore). Je l’ai complété aujourd’hui parce que la situation actuelle… ne l’exige toujours pas, mais ça m’amuse, ce qui est une raison extrêmement importante en soi. Ce sera donc un point de culture Internet, comme mes communiqués Avisdesmembres sur les arnaques par mail et les spambots !
C’est parti.
Qu’est-ce qu’un troll ?
Il ressort de ce que j’ai vu, lu et entendu, que le troll est un internaute dont le modus operandi est d’aborder un débat de façon à le torpiller d’avance. Le troll n’est pas là pour convaincre, mais pour s’assurer que ses idées, présentées de façon extrême, causent un maximum de dégâts à la zénitude de conversation d’un groupe de personnes d’avis divers, qui sans lui discuteraient de leurs différences aimablement. Il vise à transformer l’internaute civil en machine à tuer, en lui mettant un gros calibre entre les mains. Le drapeau blanc est pour lui une toile à colorer. En rouge, si possible.
Types de trolls
On peut distinguer quatre types :
-- En un genre très minoritaire, on a le troll « honnête » : c’est celui qui pense sérieusement qu’il a une mission sacrée à remplir, et que le marteau-pilon est à plébisciter puisque la subtilité ne donne pas de résultats rapides. Genre le personnage de Kevin Spacey dans le film « Seven ». J’exagère, le troll honnête n’est pas forcément à mettre dans le même panier que ce psychopathe (honnête pourtant lui aussi), mais il ne réalise pas qu’en étant violent envers l’interlocuteur, le seul public qu’il convaincra sera ceux qui sont déjà d’accord.
-- Le troll « frustré » : probablement rare aussi, mais c’est difficile à dire. Bref, il a perdu son emploi, ou sa conjointe l’a quitté, ou ses enfants sont en prison pour des raisons peu banales, ou sa gerboise est morte (peu importe qu’elle ait bien vécu), ou tout à la fois ; en tous cas, il est mécontent de l’existence, et Internet lui offre l’occasion d’essayer de pourrir l’existence de quelqu’un d’autre qui est trop loin pour lui envoyer un double punch ou des cousins infréquentables.
Ensuite on a le gros du peloton, les trolls sans autre visée que la zizanie pour rigoler des réactions des agressés, en deux catégories distinctes :
-- Le troll « sniper » : c’est l’individu qui lâche son pavé et ne revient pas voir les vagues, laissant ceux qui y réagissent se débrouiller entre eux. Minimum d’investissement personnel : une seule ligne bien pensée peut générer un bain de sang entre les partisans du « pour » et ceux du « contre », tout le monde n’ayant pas bossé sa philo au Bac L (toussotement coupable de votre serviteur). On a tous envie à un moment de casser sans scrupules la figure à quelqu’un, surtout avec l’anonymat lâche qu’offre Internet, mais on a aussi cette étrange tentation de rester civilisé ; malheureusement, une invitation à la baston peut suffire à nous faire basculer, dès qu’on ne se sent plus seul en voyant la fameuse p’tite phrase balancée en 10 secondes. Toi aussi, deviens une brute (Ndlr : c’est mal).
-- Le troll « service après-vente », qui tient à s’assurer que son brûlot initial ne dégénère pas en une conversation sympathique entre humains qui essaient de se comprendre et de discuter de leurs différends. Il reviendra mettre la seconde couche quand la première aura séché, histoire de garder le rêve en vie. Les avis viendront de Droite, viendront de Gauche, viendront du Ciel ou de l’Enfer, mais il sera toujours là pour vérifier que le maximum de carnage ait lieu. Il le fera en jetant sur le feu toute l’huile qu’il peut par seaux (une lance de pompiers est idéale si on peut l’acheter sur EBay ou la voler), ou bien par manipulation un peu plus subtile de l’auditoire, généralement en accusant les uns ou les autres de n’être pas assez violents, donc de manquer d’intégrité.
Et ce n'est pas exhaustif. Le trolling peut prendre bien des formes plus subtiles ; la constante est qu'il sert toujours à exacerber les émotions ou les tensions en essayant de frapper où ça fait mal.
Choix des cibles
-- Avant tout, la cible c’est VOUS. Si l’attaque n’était pas assez personnelle, elle pourrait laisser indifférent. Catastrophe ! Donc, bien sûr, le troll vise à énerver une personne en l’insultant directement, ou bien un groupe de personnes en insultant leurs valeurs. De toutes façons, il y a insulte. L’insulte garantit quasiment que ce qui suivra sera une solide bagarre des familles au lieu de de ces écœurants partages d’opinions calmes qui sont l’apanage des moutons et des bien-pensants. Voyons ce qu’il peut choisir d’attaquer, quand l’attaque n’est pas ciblée sur une personne, afin de ratisser le plus large possible :
-- La politique. Peu importe le sous-sujet : si le troll est de droite, les gens de gauche sont des mollassons qui ne voient pas la réalité des choses ; si le troll est de gauche, les gens de droite sont des fascistes. Eh.
-- La religion. Poum ! (onomatopée extrême simulant une violente explosion). Qu’un troll ouvre la porte sur une bonne bagarre sans nuance là-dessus, et peu importe qu’il soit « sniper » ou « service après-vente » : il y aura toujours du monde pour entrer dans son jeu. En règle générale, si le sport en prime time ou les films américains ne suffisent pas à étancher la soif de sang, il est toujours possible de s’étriper entre internautes sur la religion (c’est populaire hors Internet aussi, mais ça peut être embêtant à cause de la mort). Bref, le troll sera content d’avoir annihilé le débat en agressant les passions.
-- La poésie ? J’en parlerai juste parce que ça nous concerne (sinon, à l’échelle du pays ou de la planète, tout le monde s’en tamponne, soyons honnêtes). Mais puisqu’on est sur une communauté poétique, oui, on a vu, et vous verrez encore de temps en temps, des personnes détenant la Vérité Ultime sur Ce A Quoi Doit Servir La Poésie, ou bien Comment On Doit La Faire. « Moi, Je Sais ». De Grandes Personnalités Françaises Qui Ont Raté Une Belle Occasion De Se Taire se sont lancées dans ce bac à sable, alors on se dit parfois pourquoi pas moi le petit ? Restez assez longtemps et vous en verrez des exemples sur le site, pas de doute. Mais ça se manifestera en général de la part de nouveaux membres très inexpérimentés, ce qui ne fait pas d’eux des trolls pour autant, à moins qu’ils le prouvent à la longue. Soyez patients avec eux. Le temps qu’ils comprennent, au contact de la diversité, que la seule Façon Obligatoire De Faire De La Poésie est de la faire comme on l’entend, qu’on soit poète libre décontracte ou bien poète classique maso, qu’on parle des zoziaux (pluriel de zozial, volatile ailé qui chante gratuitement) ou qu’on évoque les courbes de Hawking sur les inéquations de masse dans l’espace fini multi-paramétrique au sein des influences gravitationnelles des clusters. Ce qui n’empêche nullement d’essayer en coms, en tout respect, d’influencer l’autre tant sur la forme que le sujet, sans tomber dans le harcèlement ou la négation de la valeur poétique que représente son travail pour elle ou lui. Prenez en compte l’âge, le parcours social, les circonstances personnelles, etc.
Comment réagir face au troll
-- L’indifférence : la maxime du Net est « Don’t feed the troll ». Voir photo. Dans la langue de Molière, « Ne nourrissez pas le troll ». Cette phrase signifie que toute réaction violente face à sa violence est à proscrire puisque c’est exactement ce qu’il désire ; plus il sera pris en compte, plus il sera heureux. S’il se fait insulter, ce sera le jackpot, puisqu’il aura réussi à manipuler l’autre afin de lui faire faire exactement ce qu’il voulait. Et, pouffant derrière son écran, il s’assurera (s’il est un bon troll « service après-vente ») de maintenir la pression en poursuivant dans l’insulte. Il n’est donc pas étonnant que ce genre d’individu soit extrêmement blessé par l’Indifférence, qui est sa pire ennemie.
-- La dérision : C’est nourrir le troll, et une forme d’insulte. Généralement à éviter.
-- La conversation sérieuse et posée: C’est nourrir le troll, mais avec des aliments indigestes. Peut donner de bons résultats. Puisque le troll essaie d’abaisser ses interlocuteurs à son niveau préhistorique de communication, il peut être sérieusement gêné s’il est le seul à avoir recours à l’insulte. Le regard des spectateurs est obligatoirement en sa défaveur lorsqu’il est seul à s’énerver et se trouve englué dans le genre de dialogue intelligent qu’il cherchait à couler dès la case départ. Non parce qu’il est bête (quoi que…), mais parce qu’il n’a tout simplement pas l’intention de perdre du temps à réfléchir à des réponses nuancées.
Conclusion
Dites-vous, face à un troll qui vous hante : « S’il me déteste, c’est parce qu’il m’adore ». Oui, vous avez une place dans son cœur : il compte sur vous pour le divertir. Bien sûr ce genre d’individu, s’il ne peut être raisonné, sera proscrit du site ; mais il reste un avertissement à placer ici : VOUS, honnête poète(sse) respectable, ne bondissez pas à des conclusions hâtives lorsque vous voyez deux de vos pairs avoir un débat animé sur le fond ou la forme d’un poème. Il n’y a pas forcément « trolling » ni autre abus de la part de l’initiateur du débat, il se peut même que les interlocuteurs soient amis et aient l’habitude de parler de ce genre de choses. Bon, vous pouvez subodorer une vague tension à partir du moment où vous lisez « Espèce de connard », mais sinon je vous déconseillerais de vous impliquer. Car on a déjà vu des conversations perturbées par l’intervention de personnes qui pensaient bien faire en défendant quelqu’un qui semblait être attaqué, alors qu’il débattait juste avec un copain de longue date. Attention, le troll, c’est le catégorique, l’insultant, le non-constructif, le nuisible, le jouissif, et non une personne qui apprécie-mais-sans-tout-apprécier. Après, sur le site, il est aussi de votre droit de décider que quelqu’un qui vous critique de façon peu amicale et sans votre accord soit considéré comme un troll, même s’il est juste VOTRE troll, et d’estimer qu’il faut que j’y fasse quelque chose, ce qui sera bien sûr fait si vous ne pouvez vous-même calmer la personne par un raisonnable échange.
Sachez cependant que j’utiliserai toujours le dialogue avant les derniers recours, même si cela vous semble injuste au regard de ce qu’il a pu vous dire… Les seules expulsions sommaires que je m’autorise sont celles des inscrits qui arrivent en postant trop de poèmes parce qu’ils n’ont pas lu les règles. Voir la page « L’Administrateur » ici sur Avisdesmembres pour plus de détails.
Et c’est la fin de ce communiqué qui vous a soit fait perdre dix minutes de votre vie (si vous lisez vite, moins) soit fait gagner quelque chose d’utile pour le futur de votre contribution au site. A suivre !
Bonne journée à toutes et à tous,
Loïc
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