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L'Imperturbable Cours des Choses.
…..Le Cours des Choses va son cours, imperturbablement, son Allure,
Son Rythme, son Cortège ondoyant et divers, la Procession des Êtres
Et des Choses, sa Continuation, Vagues et Vents immémoriaux, ses
Routes, ses Chemins de Pénombre, les Inflexions sans cesse
Renouvelées de ses Méandres impassibles, Fleurs d'écume, Rives
Mouvantes, Vertige des Remous montés des Fonds obscurs, Feuilles
Noyées, Branchages à la dérive, apparaissant, disparaissant, nous
Sommes emportés, le Cours des Choses va son Cours dans le
Déroulement constant, imperceptible et perceptible Battement,
Impulsions, Tournoiements, Houles au gré des vents, Reflets de
Rouge au gris verdâtre des Courants, Odeurs de vase et de Limon,
Sel rêche sur les Visages étonnés, nous descendons sur le Chaland
Des Jours, certains la nuque retournée, certains figés sur le Profond
De l'Eau, d'autres, à la Proue, penchés et attentifs dans la Passion
d'une Surprise, nous sommes emportés, nous nous appartenons si
Peu, le Cours des Choses suit son cours, Jour Nuit, Ciel Terre,
Source Rocher, Dénuement Abondance, Amont Aval, les Âges et
Les Saisons, les Vivants et les Morts, Echo et Narcisse à la fois,
Dédale Icare, Nymphes et Satyres immergés aux Forêts et les
Questions s'enlisent pour qui s'obstine au Forçage du Monde,
Compacité et Dentelle des Choses s'enchevêtrent et s'inversent
Qui nous suffisent et nous ravissent, nulle Effraction, nulle
Révélation, peut-être, nul Drame Pathétique, nulle Supplication
Mais une Aménité loyale pour ce qui vient, mûrit et meurt, mais
La Retenue silencieuse d'un silencieux Accueil pour ce qui passe,
En un calme Regard sur la Veinure et la Nervuration colorées
Des Mondes, selon les multiples Tracés, les Lignes et les
Formes, une Mélancolie suave et tendre pour les Douleurs et
Les Maux de la Chair, d'évasives Paroles pour la Ténuité et
Le Retrait, des Paroles amuïes pour les Lointains qui nous
Entourent et que nous ne connaîtrons jamais, pour les Vestiges
Et les Ruines, l'Inachevé, l'Inaccompli, pour tous les Êtres qui
N'ont pas vu le Jour et ne verront jamais le Velouté d'une tiède
Lumière affleurer, le Matin, et iriser le Soir, le Cours des Choses
Va son cours, s'entraînant l'une l'autre, se déployant comme des
Roses du Désert irriguées de pluie chaude, se refermant
Alternativement, s'accordent et se dérobent, se cèlent et se
Décèlent dans l'Entre-Deux du Ciel et de la Terre, des Paroles
Allusives, Blasons des Mondes, Il va le Cours des Choses
Imperturbablement.....
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