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A ma délicieuse et méritante femme *
Les murs n'ont pas d'oreilles,
n'entendent les merveilles,
musiques, choeurs des bois,
ni le son de ta voix.
Les murs n'ont pas de nez,
ne peuvent respirer
les vents d'aucune sorte
ni les fleurs qu'ils apportent.
Les murs n'ayant pas d'yeux.
en sont bien malheureux,
ne peuvent regarder
et pas non plus pleurer.
Les murs n'ont pas de mains,
n'éprouvent le besoin
ni de se les serrer
ni de se caresser.
Les murs n'ont qu'un seul pied
et pour se rencontrer
ne vont jamais plus loin
qu'au rendez-vous du coin.
Les murs n'ont pas de bouche.
mais ils disent pourtant
aux humains qui les touchent:
"Nul n'arrête le temps".
Les murs sont par-dessus
ronds, carrés, jamais mous.
Quelquefois ils sont nus :
ils n'ont pas de dessous.
Mais ils ont bien deux pans,
un de chaque côté.
Cela sonne "Pan ! Pan !"
et nous force à penser.
Ont parfois des couleurs
(pas celles du printemps).
J'en sais certains, ailleurs,
qu'on peint avec du sang.
Si parfois les murs raillent
c'est qu'ils sont impuissants
à empêcher que n'aillent
plus haut qu'eux les élans.
Mais les murs ont un coeur de pierre.
C'est pourquoi ils ne souffrent pas
de ce qu'ils ne possèdent pas :
d'ignorer la prière
et de ne pas te connaître, Toi !
Et çà, vois-tu, je ne le leur pardonne pas.
On devrait abattre les murs
et s'en servir
pour construire
LA PAIX !
* Hélas décédée en 2002
Chose étrange et prémonitoire (cela m'est arrivé plusieurs fois)
j'ai écrit ces lignes quelques jours avant la chute du mur de Berlin.
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