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Je Suis Néo- Nazi 7 : Les Cousins

le samedi 11 avril 2015, à 14:36. Posté par Loïc





    Aujourd’hui, on a reçu mes cousins, les fils de Tonton que Maman aime beaucoup (mais elle aime tout le monde Maman, à part plein de gens). Ils sont plus vieux que moi, ils ont 15 et 17 ans, et ils s’appellent Jean-Marie et Jean-Marie, comme Papa ; on a beaucoup de Jean-Marie dans la famille, ce qui complique drôlement les choses pour étiqueter les cadeaux de Noël, et quand quelqu’un hurle « Jean-Marie, ta gueule », la moitié de la table se tait, sauf Hermann, moi, et puis les femmes, qui ont aussi un nom différent et qui n’aiment pas se taire de toutes façons.

    Mes cousins, ce sont des skins ; ça veut dire qu’ils font exprès de ne pas avoir de cheveux et qu’ils bronzent plus vite de la tête que les gens qui ne s’appellent pas Jean-Marie. Aussi, ils ont tellement de piercings qu’ils ne peuvent plus prendre l’avion depuis longtemps, et même dans les supermarchés ça sonne de temps en temps. Papa aime bien les skins, mais une fois il m’a dit : « Les skins sont de loyaux membres du Front, mais mon fils, je te dirais de ne jamais faire confiance à quelqu’un qui n’a pas de cheveux, comme mon premier avocat par exemple». Et là, en général Papa s’envole dans de douces rêveries, il parle de son baptême du tribunal, il dit que rien ne remplace la première fois et que je comprendrai un jour. Moi j’ai hâte, pour voir ce que ça fait.

    Mes cousins, ils écoutent de la musique qu’on n’entend pas habituellement à Noël, sauf chez eux. C’est basé sur une note, deux quand le compositeur veut étaler sa culture, mais il y a tellement de rythme que quand c’est bien joué, on entendrait presque la 6e armée du général Paulus pilonner les défenses russes quand tout allait encore bien, même si en fait il n’a pas tenu le front assez longtemps pour enregistrer un album. Chez les cousins donc, c’est autorisé, mais pas chez nous, vu qu’un ami de papa qui recycle les blindages de Panzers a renforcé tout le bunker avec des plaques de métal, et ça fait une cage de résonance terrible, et la seule fois où les cousins ont mis leur musique à 2% sur un baladeur Mp3 avec les écouteurs, une fenêtre est tombée dans la rue et ça a fait des histoires avec les voisins qui voulaient qu’on leur rembourse leurs voitures. Et puis ça a réveillé Hermann, qui dans ces cas-là fait plus de bruit que la 6e armée du général Paulus.

    La semaine dernière, Tonton et les cousins sont venus nous rendre visite. Papa étant en taule à cause du braquage d’Adid, il n’était pas là, il n’y avait que Maman. Ça sonné, Maman a ouvert, elle a refermé tout de suite et elle a texté à Tonton de dire aux cousins de couper leurs baladeurs Mp3. Ensuite elle les a fait entrer.

    « Heil frangine ! a gueulé Tonton en faisant un salut impeccable.
    – Heil Jean-Marie ! a dit Maman, en faisant un prix de groupe.
    – Heil, ont dit tout doucement les cousins, qui avaient l’air aussi enthousiastes qu’un chat passé sous un trans-céréales de 40 wagons.
    – Qu’est-ce que c’était, la jolie musique ? a demandé Maman.
    – « Urinary Tract », a dit Jean-Marie. C’est du doom-grindcore.
    – Et ça parle de quoi ? a demandé Maman.
    – De mort, a dit Jean-Marie.
    – Et de caca, a dit Jean-Marie.
    – Venez, a dit Maman. Je sens qu’on va passer une bonne soirée. »

    Tonton s’est dirigé vers le canapé, les cousins dans son sillage comme des mouettes derrière un chalutier breton, mais à un moment les cousins ont bifurqué, ils sont allés dans notre chambre à Hermann et moi, ils ont fermé la porte, et ils se sont mis à hurler à l’intérieur.

    « Qu’est-ce qu’ils font ? a demandé Maman.
    – Ne t’inquiète pas, a répondu Tonton ; comme ils n’ont pas droit à leurs baladeurs, ils chantent.
    – Ils tiennent longtemps comme ça ? a demandé Maman.
    – S’ils étaient aussi bons en natation, ils traverseraient l’Atlantique, a dit Tonton.
    – Mais le rôti va être prêt dans quelques minutes, a dit Maman, alors il va falloir qu’ils fassent demi-tour.
    – Ne t’inquiète pas, a redit Tonton. Je m’en charge.
    – Et l’école, ça va ? a demandé Maman en servant un schnaps à Tonton, et un jus de fruit à Hermann et moi.
    – Oui, l’école va bien depuis qu’elle les a virés de partout, a dit Tonton. Eux par contre, ça va moins ; ils cherchent des stages. Jean-Marie est intéressé par une carrière dans les pompes funèbres, et Jean-Marie par la manufacture de toilettes publiques. Mais ça évolue vite à cet âge.
    – Oui, ils peuvent échanger leurs deux passions à tout moment, a dit Maman.
    – Et les tiens ? a demandé Tonton.
    – J’en ai un qui veut être pilote de bombardier pour aller raser Moscou, il a déjà fait Londres, et l’autre ne pense pas grand-chose à 8 ans, mais on sent qu’il a hérité de la détermination de son père à délabrer des choses plus locales.
    – Ah, ton mari, le grand justicier qui… »

    Et certainement Tonton allait encore dire un truc jaloux sur Papa qui passe plus de temps en taule que lui, mais la sonnerie du four a mis fin à la conversation, Maman est partie en disant à Tonton d’aller chercher les cousins pour passer à table ; alors il a décroché un sabre de commandement prussien du mur du salon et il est allé crier dans la chambre. Il était impérial, Tonton ; l’ennemi a vite quitté les tranchées et s’est rendu, et on s’est tous assis pour l’armistice et le rôti. Maman est arrivée avec le plat, ça sentait drôlement bon et on a regretté que Papa ne soit pas là, il adore le rôti aux haricots avec la sauce bien claire, mais bon, c’est quelqu’un qui a le sens du sacrifice. Maman a servi, et les cousins ont regardé leur assiette comme si on leur avait infligé du rat crevé.

    « Ça a l’air dégueulasse, a dit Jean-Marie.
    – Ce n’est pas hallal, a dit Maman.
    – Ouais, mais ça a l’air dégueulasse quand même, a dit l’autre Jean-Marie.
    – Les enfants… a commencé le troisième Jean-Marie.
    – Je vois. Ça m’a pris deux heures, mais vous préférez peut-être du McDonald ? a demandé Maman en mettant les mains sur la table et en souriant calmement, mais quand elle est calme comme ça on sait tous qu’elle n’est pas calme.
    – Carrément, ont dit les deux Jean-Marie.
    – Les enfants, a repris le troisième Jean-Marie, vous avez intérêt à…
    – Laisse frérot, je gère, a dit Maman. Bon alors, il y a un McDo pas loin, vous pouvez y aller. Je vous indique. Vous descendez dans la rue par la sortie B. Pas la A, elle va aux poubelles, que des clochards fouillent la nuit en escaladant la clôture du parking, et c’est facile de confondre les deux à cause des lettres un peu effacées. Vous remontez la rue vers le nord, vous prenez à droite dès que vous pouvez. Vous allez voir une boulangerie récemment incendiée, vous la passez en changeant de trottoir parce que ça va encore tourner tout de suite après. Il y a un feu rouge, vous allez à gauche vers une vieille cabine téléphonique qui sert de brouillon aux taggeurs. Vous changez de trottoir pour entrer dans la galerie commerciale si c’est encore ouvert, et normalement le vigile est sympa avec nous, dites-lui le plus tôt possible que vous êtes de la famille ; et tout au bout, là vous allez le voir tout de suite, impossible de le rater : le passage qui vous amène dans la rue suivante. Attention en traversant, il y a du trafic et un piéton se fait écraser tous les deux jours ; je conseille d’utiliser les clous trente mètres plus loin, mais après il faut revenir. Bref, quand c’est fait, regardez autour de vous et vous allez repérer un passage souterrain à peu près en face. Vous vous y enfoncez ; il peut y avoir quelques toxicos dans le noir, mais si vous faites un détour, ça rallonge d’une demi-heure. Après avoir couru pour échapper aux junkies, vous êtes idéalement dans une sorte de parc qui n’a jamais vraiment été fini, mais ce n’est pas très dur de trouver le portillon qui donne sur une boucherie abandonnée avec une devanture bordeaux, ou parme, on n’est jamais d’accord. La rue va sud-est-nord-ouest. Vous la suivez nord-ouest sur environ 800 mètres, sans bifurcation, jusqu’au commissariat de police. Pas de panique, ils sont tous couchés à 19 heures, sauf ceux qui font des contrôles aléatoires à la sortie des boîtes, et il n’y a pas de boîtes à cet endroit, personne ne voudrait y venir. Au commissariat, vous changez de rue en longeant le mur sud, celui qui n’a pas de portes et qui est mal éclairé. Ensuite vous prenez à droite dès que vous pouvez voir une cheminée d’usine en ruines au loin, c’est un bon point de repère à condition qu’il n’y ait pas de brouillard. Vous arrivez à l’ancien siège du Parti Communiste ; il peut y avoir quelques purs et durs qui pleurent devant, mais ils ne sont pas vraiment dangereux, eux ; si vous avez pu dribbler les junkies, ça ira tout seul. Après vous tombez tout de suite sur la voie ferrée Lille-Paris ; longez les rails direction Lille. Entre 500 mètres et un kilomètre plus loin, il y a des marches à droite qui vous font monter sur un vieux quai et traverser la gare de triage désaffectée, et là je ne peux pas vous dire ce qu’il y a dedans parce qu’ici, tout le monde sait qu’il vaut mieux l’éviter, mais ça vous rallongerait encore. Normalement il n’y a qu’une sortie, sauf s’ils l’ont murée depuis la dernière fois que j’y suis passée en 98, et ça pourrait vous gêner si vous êtes traqués ; mais en admettant que la voie soit libre, vous devriez déboucher dans l’avenue des boutiques de vêtements juives. Bon, ils vont vous appeler de partout, mais ignorez-les, c’est beaucoup trop cher pour ce que ça vaut de toutes façons. Après c’est bon, vous prenez la première à gauche et vous allez voir le McDonald en un rien de temps, il est collé à la synagogue. Voilà. Des questions ? »

    Les cousins se sont regardés, ils avaient l’air encore plus accablés par la vie qu’avant. Face au trajet qu’avait indiqué Maman, je voyais bien qu’ils hésitaient, et je pensais moi aussi qu’il valait mieux qu’ils n’y aillent pas, parce qu’en fait Maman avait sauté quelques étapes, et ils risquaient de se perdre et on ne les reverrait probablement jamais.
    « Bon ben, y a qu’à commander une pizz’, a dit mollement Jean-Marie.
    – Bon ben ouais », a confirmé Jean-Marie.

    Ça a fait rire Maman.

    « Ici ??? Mon pauvre, dès que le soir étend son linceul sanglant, plus personne ne s’approche du quartier, avec tous les Arabes qui traînent en fumant des joints dans des coins sombres et qui sont prêts à fondre en meute sur le premier passant pour lui trancher la gorge. On avait une voisine, Mme Chonflu, elle est sortie promener son chihuahua qui avait une envie nocturne, eh bien ils ont réussi à lui sectionner la tête avec son permis de conduire et ils lui ont enfoncé son chien dans le cou. Oui, cette fois c’était le cou. Et ne me demandez pas comment ils ont fait, c’est agile, un Arabe. Disons juste qu’elle a eu de la chance de ne pas posséder un terre-neuve, ça aurait compliqué la reconstitution du corps. »

    Là, moi, je me posais des questions ; on s’était souvent fait livrer tard, on n’avait jamais eu de Mme Chonflu pour voisine, les Arabes disaient toujours bonjour le soir, même si on ne répondait pas, et la seule chose qui ait eu la tête tranchée dans le quartier, c’était un vieux platane qui empêchait les camions de livraison d’utiliser la rue. Mais les cousins, eux, ils ne savaient pas, et leur visage avait pris à peu près la même couleur que les haricots.

    « Bon beeeen….
    – Bon ben c’est en train de refroidir, a fini Maman en poussant les assiettes. Allons, allons… Consolez-vous en pensant que ce rôti vient probablement d’un veau traîné jusqu’à l’abattoir malgré ses mugissements de détresse, puis maladroitement assommé de plusieurs coups ratés d’une masse en pierre, et enfin dépecé vivant au milieu d’un flot de sang, de cervelle et d’excréments libérés involontairement par ses organes en pleine agonie. »

    Ce soir-là, Maman a dû servir une salade vite faite à Hermann, Tonton et moi, mais les cousins, eux, ont mangé le rôti de bon cœur, et puis ils sont retournés hurler dans notre chambre jusqu’à l’heure du départ, vers minuit. Le problème, c’est que même avec le sabre prussien, Tonton n’a pas réussi à les déloger pour retourner à la voiture.

    On a dû se serrer un peu, parce qu’ils ont tenu à rester dormir jusqu’au lever du soleil.







    Jeudi 9 Avril 2015



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commentaires ( 11 ) (Ajouter un commentaire)
violette le samedi 11 avril 2015, à 14:50
quelle famille
attends Jean-Marie c'est mon père dit-on mais non non
-- Oui, l’école va bien depuis qu’elle les a virés de partout, a dit Tonton. Eux par contre, ça va moins ; ils cherchent des stages. Jean-Marie est intéressé par une carrière dans les pompes funèbres, et Jean-Marie par la manufacture de toilettes publiques. Mais ça évolue vite à cet âge.
bon tous contre le mur de fusillance
heil mamie

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le samedi 11 avril 2015, à 17:16
Faut absolument que je demande au petit Heinrich de lire le n° 6 au lieu de glandouiller et perdre son temps à lire Mein Kampf dont il ne comprend pas deux phrases d'affilée. Certes , il a tout le temps pour se rattraper, puisque les fondateurs historiques ont prédit un empire de Mille ans, mais quand même !

imparfait le dimanche 12 avril 2015, à 10:16
Mais je comprends pourquoi tu n'as pas le temps de nous écrire un poème!!
En plus du texte, des nouvelles vannes, de la chronologie et tout, et tout, et tout, il ne faut pas oublier le temps passé pour la mise en page surtout que je suis certaine que tu mets la date toujours avec la même précision dans le respect du nombre de lignes!!!
En tout cas, que les choses aillent bien ou moins bien, ça fait toujours beaucoup de bien de reprendre la plume et de partager à nouveau avec ce plaisir que nous connaissons et aimons sincèrement.
Grosses bises du coeur Loïc.

Loïc le dimanche 12 avril 2015, à 12:24
Violette : Je ne suis pas certain d'avoir bien compris le com et pourquoi tu cites ce passage, mais en tous cas je n'ai pas l'intention de fusiller des racistes (ou des tarés islamistes, ou des dessinateurs de Charlie Hebdo) juste parce qu'ils sont dangereux pour l'Entente.

Philip : Dis à Heinrich qu'il a une perme. Relax, je n'ai pas le loisir en ce moment de lui répondre en faisant honneur à la longueur de ses coms, donc je n'en attend pas non plus ; c'est à votre bon coeur !

Imparfait : Non, il n'y aura pas de poèmes prochainement ; tu peux leur acheter une couronne mortuaire. En ce moment je suis sur ma famille de dingues et j'y reste tant que je ne perds pas le fil, comme je disais à Lola récemment. C'est une phase, je l'aime bien, et j'en profite !

Amitiés à tous trois et merci de votre passage !

carlotta von XXX le dimanche 12 avril 2015, à 20:10
ben je sais plus
j'aime bien tous ces gens marris

Loïc le dimanche 12 avril 2015, à 22:35
Moi aussi.

Amitiés Violette !

(PS : J'ai compris la blague.)

Micheline 1940 le mardi 14 avril 2015, à 03:11
Et encore et toujours je me suis régalée !
Un vrai morceau de Roi ! Bravo ! Continuez cher Loïc pour notre plus grand plaisir, et avec mon satisfécit, mes sentiments les meilleurs, chargés de mes sincères compliments.
Bien amicalement, M.

Loïc le mardi 14 avril 2015, à 11:37
Le 8 est en préparation, Micheline, et j'espère qu'il vous plaira autant que le reste !

Mes amitiés et bonne journée !

domidom le mardi 14 avril 2015, à 13:57
Sincèrement, il aurait fallu avoir très très envie d'aller manger chez (Mac Do)....
Quelle famille, c'est drôle, en te voyant, on n'est loin de pouvoir penser que tu as pu évoluer dans un tel milieu...(Rire)...
Personnellement, j'adore, par contre, excuse mon retard, chez moi ça ne change pas, les weekends ne sont jamais de tout repos....
Continues à nous faire délirer...
Bises, Domie...

Loïc le mardi 14 avril 2015, à 16:46
Comment ça, "en te voyant" ? Les cheveux rasés, c'est la nature, les piercings c'est esthétique, et la croix gammée sur le front c'est un pari perdu.

Non, j'ai évolué dans une famille normale qui n'a jamais fait de mal à un Arabe, sauf si UNE fois ça compte, en plus il s'en est sorti et il peut encore enfanter, on n'avait pas tout pris ; et puis quoi, il l'avait cherché, tu sais comment ils sont, avec leur manière de s'habiller et de parler, c'est énervant à la fin.

Bises Domie !

Petit Heinrich (Philip) le samedi 18 avril 2015, à 06:57
Bonjour mon tonton ! Ils sont chouettes tes cousins, ils sont mélomanes. Ben tu sais, ma musique qu’ils écoutent ça m’a donné envie de faire acheter d’autres disques à mes parents et à mon frère. Passque c’est bien au début d’écouter toute la journée les chants folkloriques de la waffen-SS, mais entendre tout le temps papa reprendre en chœur, avec un mauvais accent allemand, « Heidi, heido », « Alte kameraden » « Panzerlied-Obs-Sturmt oderschneit ».
Alors moi, j’aimerai bien écouter des CD de Kapo, Orlik, mais y sont pas à la FNiaque, euh, à la FNAC et on peut pas les télécharger sur Diseur passque c’est de la musique trop en avance sur son temps. Quant à mon tonton Philip lui y passe son temps à écouter les Morbid Angels sur son MP5.
Oh, dis, y z’ont de la chance, tes frères de vouloir raser les villes avec leurs bombardiers pour qu’il ne reste plus rien de cette civilisation dégénérée qui a ouvert nos frontières à « tout le monde » (hum, hum !). Mon grand frère y me disait ? « les américains au Vietnam y z’ont grillé plein de niaquoués au napalm comme ça après on voyait plus la couleur de leur peau, y z’étaient tous comme quand papa y fait cramer trop longtemps les merguez sur le barbecue, que maman l’engueule et le traite de bon à rien en disant « et qu’est qu’on va manger alors à midi ? ».
Mais je m’égare. Pour les bombardements des villes c’est bien mais faudrait le faire que pour les quartiers où on trouve beaucoup ceux qui n’ont pas la même couleur de peau que celle du bon dieu des aryens blancs traditionnels. Mais mon grand frère y dit que pour le moment y faut plutôt faire des lavages des cerveaux des gens pour qu’y regardent beaucoup de télé-réalité et que le jour du vote on n’ait qu’à leur remettre dans la main le bon bulletin qui garantira à l’occident de retrouver son faste de quand on n’était débarrassé des ritals, des polaks, des pédés, des poètes,bref de presque tout le monde sauf des gens comme nous.
Ben dis-donc, tes cousins y sont vraiment gastronomes. Bah, je sais ça quand on devient accro à la bonne cuisine écossaise. Au début quand ils sont arrivés les restaurants écossais Mc Donald, on a cru que c’était une mode. Et puis plein de gens ont découvert cette cuisine du nord de l’Angleterre et ont trouvé de c’était bon (sauf dans le Mc Do de Roubaix où un client pas content, il a trouvé dans son hamburger des grands poils qui l’ont à moitié étranglé, que les services vétérinaires y z’ont dit que c’était des poils de rat !
Nous la cuisine, on est maintenant orthodoxe comme dit mon frère. On mange que de la choucroute. Mon grand-frère y dit toujours qu’en 40 les allemands y ont amené avec eux leurs traditions culinaires saines et que ça faisait partie de leur mission civilisatrice. Je crois que c’est avec la bonne choucroute qu’ils ont amené que l’occupation a pas été si inhumaine que ça, passque les gens ils se régalaient bien (« enfin, les collabos – qu’y dit papa – passque les défaitistes qui emboîtaient pas le pas au Maréchal, y z’avaient que leurs yeux pour pleurer et leurs tickets de rationnement, que c’était bien fait pour eux ! »).
Voilà, tu sais tout de nos habitudes alimentaires, mon tonton. Et puis les choucroutes on en trouve partout, pas besoin de faire des kilomètres jusqu’en Allemagne, à Strasbourg ou à Colmar. « Quoi, c’est pas en Allemagne l’Alsace que je dis à mon grand-frère ? ». A bientôt mon tonton, dis à tes cousins que s’ils veulent essayer la choucroute, c’est bon, c’est germanique mais ça ballonne et ça donne des gaz (faut faire attention aux gaz !) à force d’en manger trop. PetitHeinrich.

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