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Il marchait paisiblement le long des berges désertes par un beau soir d’été,
L’eau était fraiche qui baignait ses pieds fatigués des efforts toujours répétés,
Il travaillait loin et ne trouvait de répit que le soir, face à l’immensité océane,
Durant ces moments magiques où l’horizon se noyait dans une brume diaphane.
Il aimait s’allonger à même le sable tiède et fixer obstinément la lune blafarde,
Bercé par une brise légère qui dispersait au loin, doucement, les embruns de la mer.
Le ciel lui paraissait comme un grand manteau noir criblé de feux follets éphémères
Qui le protégeait pourtant de la nuit imprévisible et de ses créatures souvent hagardes !
Il rêvait de navires géants défiant les monstres cachés dans les profondeurs marines,
De pêches miraculeuses où s’entremêleraient, dans des filets blancs, des poissons inconnus
Cependant que, venus de nulle part, dans leur vol criard déchirant la grande sérénité câline,
De gigantesques et mystérieux oiseaux semblaient vouloir lui disputer le providentiel menu.
Il tenait pourtant bon, scrutant l’horizon incertain, croyant comme jamais à cette rade salvatrice
Dont, lui disait –on, qu’elle regorgeait de fruits exotiques et de filles bronzées aux épaules nues,
Que point n’était besoin d’y travailler, les terres étant fécondes et de richesses bien génératrices,
Que la vie y était douce et colorée, que l’étranger même démuni y était toujours le bienvenu…
Le soleil brillait déjà paisiblement sur les berges toujours désertes par ce beau matin d’été,
l’eau était bien chaude qui baignait toujours ses pauvres pieds froids sous un ciel caniculaire
l’air était clément, de braves pêcheurs, revenant d’une longue course en mer, s’inquiétèrent
de voir ce grand corps inerte, le visage souriant et que déjà, doucement, la marée haute vêtait…
Slim le poète.
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