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La proie pour l'ombre
Il nous faut emprunter à la jeunesse des aigles les serres à l'envergure ambitieuse, agile prolongement du désir se riant de l'arthrose : toujours lâcher la proie pour l'ombre quand sa chair est survie, insuffisante à notre faim tandis que, sous la courbure menaçante de l'ombre, luit la possibilité même infime d'un festin, cierge fragile de la foi que nous accordons à notre propre dieu, dans le secret de notre église intérieure ; quelque part au fond de nos arcanes, ce dieu sommeille peut-être : l'espérance en son réveil doit être muse, adorée de nos actes.
Patrice
http://www.mespoemes.net/patrice
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