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Quand l'esprit se sera libéré de ses rets,
Saurons-nous, de la vie, pénétrer les secrets?
Trouverons-nous ces ors; vivrons-nous ces possibles,
Où les songes d'un jour deviennent accessibles?
Dans le vol estropié des êtres incarnés,
Forcés à cette voie, sommes nous condamnés;
Cette ride tendue, en nous, toute tracée,
Sitôt les yeux ouverts, sitôt l'âme placée?
La vie à son soleil, sa pluie et son brouillard,
Et l'homme suit toujours son propre corbillard.
Le martyr a souffert; il porte l'insondable,
Et loge dans sa chair, la lame redoutable
De l'exil. Et lorsque Dieu punit, il dit:" Vis!"
"Sois cet ange maudit et sans cesse gravis
Les abruptes parois de l'âpre solitude."
Aimer, tomber sans fin, prendre de l'altitude,
Et de nouveau tomber, plus bas, plus accablé.
Au banquet des tourments, l'homme reste attablé.
Le balancier oscille au-dessus de l'abîme;
L'homme naît funambule, éphémère et sublime.
Azarus
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