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Au plus profond du Moyen-âge
A Venise précisément
Un perpétuel remue-ménage
Anime ce lieu commerçant
De janvier à la saint Sylvestre
De l'aurore à la pleine lune
Par la mer ou par voie terrestre
On négocie sur la lagune
C'est dans cette auguste cité
Que Marco Polo voit le jour
Sans jamais voir à ses côtés
Son père marchand au long cours
C’est son grand-père et sa grand-mère
Qui l'élèvent bon an, mal an
Malgré les retours éphémères
Du père de l'adolescent
En mil deux cent soixante-dix
L'année où meurt le roi saint Louis
Le père retrouve son fils
Pour ne plus repartir sans lui
Marco à dix-huit ans à peine
Quand il quitte pour de longs mois
La république vénitienne
Et prend la « route de la soie »
Avec lui nombreux s'acheminent
Des négociants et des savants
Lentement vers la vieille Chine
Qu'ils atteindront dans trois quatre ans
Après avoir passé Byzance
Ils arrivent en Arménie
Traversent la Perse et commencent
La montée vers la Mongolie
Accueillis par son empereur
Le petit-fils de Gengis Khan
Toute la troupe a le bonheur
D’y établir enfin son camp
Les jours passent, les mois s’envolent
Marco connaît presque deux langues
Un peu Chinois, beaucoup Mongol
Que l’on parle dans le Sin-Kiang
Il est un peu l’ambassadeur
Le messager, le conseiller
L’oreille et l’œil de l’empereur
Du Japon jusqu’à la Corée
Après vingt ans de bons offices
Le grand Khan se sentant mourir
Contre un définitif service
Permet à Marco de partir
Il doit accompagner sa fille
Promise à un prince d’Iran
En navigant depuis Manille
Et passant par la mer d’Oman
Il arrive enfin à Venise
En guerre contre les Génois
Qui le capturent par surprise
Et l’emprisonnent dix-huit mois
Alors son « Livre des Merveilles »
Dans sa prison Marco écrit.
Aujourd’hui tandis qu’il sommeille
A ses geôliers je dis merci
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