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Ah ! mes amis ! Quel merveilleux repas !
Approchez-vous, il faut que je vous dise
Combien ce soir, la chère fut exquise.
A tel festin, je ne m’attendais pas !
Imaginez la maison de Vénus,
Son atrium, au centre une fontaine,
L’aura de la dolce vita romaine
Où la Déesse invita Lucullus.
On devinait les courbes de son corps
Dans une robe étroite et sensuelle,
Et sous un châle en très fine dentelle
Elle cachait d’adorables trésors.
Elle avait mis une branche de houx
Dans ses cheveux, à la manière antique,
Comme on le voit aux femmes de l’Attique
Que Phidias sculpta jadis pour nous.
Ce rendez-vous, joliment, me surprit :
Tout était doux, sur et hors de la table,
Les mets parfaits et le vin redoutable
Eurent tôt fait de m’égarer l’esprit.
«Vous seriez mieux en étant allongé !»
Cette requête élégante et subtile,
Je la compris, n’étant point imbécile,
Et de mon hôte, aussitôt pris congé,
Après avoir déposé sur son front
Un long baiser tout empreint de tendresse,
Puis exprimé, d’une main que l’on presse,
Que la quitter n’était pas un affront.
Vous devinez quel était mon émoi,
Me rappelant la charmante soirée
Passée auprès de ma Muse adorée,
Lorsque je fus à nouveau seul chez moi.
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