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INVITATION À REGIA LUCIS
Ceux qui, le matin même, étaient indésirables,
Investiront, ce soir, la cour des admirables…
Le ciel sera brillant,
Irréel, scintillant,
Scellant votre arrivée
Sur ces voies dépavées…
C'est avec grand plaisir que je viendrai vous voir,
Malgré les conventions, malgré tous mes devoirs...
Attendons ce prélude
Face au temps qui élude
Les impétrants soucieux
Et irrévérencieux...
Je viendrai presque nu, en ne portant qu’un pagne….
Mes lèvres n’iront pas caresser le champagne…
Un lacryma christi
Semblera investi
De saveurs périlleuses
Mais jamais prétentieuses…
Je viendrai sans mon sceptre et sans ma prétention…
Les bulles de champagne iront en perdition…
Le champagne, en ses bulles,
Tiendra conciliabule,
Colportant des secrets
Sous ses reflets nacrés…
Les nouveaux parvenus, en joutes partisanes,
Chercheront les faveurs de quelque courtisane…
Et tous les courtisans,
Et tous les médisants,
Pourront courber, dociles,
Leur échine gracile…
Ceux qui, le jour d’avant, n’étaient que moucherons,
En dignes médaillés, leur torse, bomberont…
Chacun, dans la tuffière,
Aura la mine fière
Dissolvant son égo
Près du grand marigot…
Les nombreux invités marqueront l’affichage
De subtile ascendance en lointain maraîchage…
Alors, je croiserai
Le Rampant, apeuré,
Errant à l’improviste
Parmi les arrivistes…
Je viendrai sans carrosse et sans mes chevaux blancs :
L’équipage eut été par trop étincelant…
L’Illustre et le Modique
Sculpteront l’héraldique
Avec dague et mousquet,
Au cours d’un bal masqué…
Je viendrai sans mon masque, orné de rêverie,
D’idéal absolu, de fantasmagorie…
Je verrai les licteurs
Et les inquisiteurs
Poser leurs pieds d’argile
Sur un parquet fragile…
Je viendrai sans couronne aux bijoux indécents…
Les masques tomberont, sous les parfums d’encens :
Dans ce milieu occulte,
J’observerai l’Inculte,
Le Couard, l’Arrogant,
Le Soumis, l’Intrigant…
Je viendrai sans blason mais avec cette éthique
Des grands explorateurs ou des grands romantiques…
J’écouterai ces gens,
Flagorneurs, indigents,
Dont les propos futiles
S’inscriront, versatiles…
Je viendrai sans espoir, laissant mes illusions
Délitées par l’estoc d’un monde en corrosion…
Sous ce ciel lourd, hostile,
J’aurai jugé utile
De m’exiler ailleurs,
Plus loin des ferrailleurs…
Dans l’univers tranchant, rauque et soporifique,
Alors, vous paraîtrez, illustre et magnifique….
Votre sublime aura
Me réconfortera,
Inscrivant la prestance
Sur ce lieu d’importance…
Je porterai au front un bandeau de grésil
Qui servira de sceau pour mon prochain exil…
Sortant de son repère,
Je verrai la Vipère
Qui se fera valoir
Jusque dans l’isoloir…
Je viendrai sans ma toge et sans mon caducée...
Mon regard quittera les mines courroucées...
Recherchant mon salut,
Je ne parlerai plus :
J'apprécie le silence
Autant que l'insolence...
Pourra-ton discerner, qu’entouré de grimauds,
Un silence éloquent est plus fort que cent mots ?
J’apprécie le silence
Lorsque la nuit s’élance
Et qu’avec la clarté,
Vient la sérénité.
De mon cheval ailé, j’attacherai les rênes
Afin de conquérir des terres souveraines
Le monde est-il trop grand
Pour les fiers conquérants ?
© 2014 Gérard ANGELIS – Onirisme quantique
Ange&Lis
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