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Regard dans le rétroviseur
Quand, au bout du sentier, on s’arroge une pause,
Qu’on se soumet, lucide, aux questions de l’âme,
Permettant au passé qui surgit et s’impose
De mettre ses faits sur la balance qui blâme,
Dame Vie apparaît à celui qui la toise,
Sans trop la chérir, sans la détester non plus,
Comme le brouillon d’une existence qu’on décroise,
Comme le bilan des actes d’un temps révolu.
Quand on croit juste que si l’on vient à faillir
L’univers tout entier cessera de tourner,
Quand on porte le poids du devoir sans fléchir
Et agit sans calcul et sans se retourner,
Qu’importe le temps, si long, que mettra le fruit
Pour mûrir, qu’importe ce qu’en pensent les autres,
Quand on sait que la graine semée aujourd’hui
Demain, généreuse, nourrira tous les autres.
La vie ne vaut que par les actes qu’on fait,
L’homme n’existe vraiment que par son sillage,
La parole doit se conjuguer à l’effet,
La valeur ne se mesure point avec l’âge.
Si partir, comme ils disent, c’est mourir un peu
Et mourir, c’est aller vers un monde meilleur,
Il vaut mieux partir vers le monde qu’on veut
Que mourir sans suivre les conseils de son cœur.
Le temps n’est qu’un leurre, mais l’âge, une raison ;
La clepsydre vomit son sable dans nos mains :
Ce que l’on dit passé était, avant, présent,
Ce que l’on vit aujourd’hui était, hier, demain.
Mohammed
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