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Son nom tendrait à disparaître
Si quelques mots-croisés savants
N'avaient écrit : en quatre lettres
"Coupe du monde vers mil six cent"
Bien sûr il existe des rues
Des hôpitaux et quelques bustes
Qui portent ce nom disparu
Mais qui était-il donc au juste ?
Pour cela remontons le temps
Arrêtons-nous dans la Mayenne
Près de Laval, à Bourg-Hersant
Vers l'an mil cinq cent dix, à peine
Son père pauvre coffretier
Place, en l’église paroissiale
Ambroise, aux bons soins du curé
D'où très vite il se fait la malle
On le retrouve marmiton
Chez le comte de la contrée
Qui lassé de ses courts-bouillons
Le mute auprès de son barbier
Là le gamin enfin rayonne
Il rase les poils et les nuques
Panse les plaies et badigeonne
Peigne et ajuste les perruques
Lors son destin est tout tracé
Il sera barbier-chirurgien
Et s'il en a la faculté
Auprès de monsieur le dauphin
A trente ans il est à Paris
Où il exerce à l'Hôtel-Dieu
Il étudie l'anatomie
La bouche, les dents et les yeux
Au service d'un militaire
Il le suit jusqu'en Italie
Où François Ier est en guerre
Depuis plus de décennies
Et c'est sur le champ de bataille
Qu'il adoucit les plaies béantes
Quand autrefois sur ces entrailles
On jetait de l’huile bouillante
En mil cinq cent quarante et un
Dans une église de Paris
Avec Jeanne de Mazelin
Il s’unit pour toute la vie
Puis de campagnes en campagnes
De boucheries en boucheries
Ambroise coupe, ampute et soigne
Du prince au gueux le plus petit
Il guérit François de Lorraine
Et Charles Ier de Cossé
Si bien que le roi et la reine
Le réclament à leurs côtés
Quand le souverain perd un œil
Au cours d’un stupide tournoi
Avant que la France s’endeuille
Ambroise l’opère déjà
Veuf après trente ans de mariage
Il convole avec Jacqueline
Dont il a, malgré son grand âge
Six enfants à la bonne mine
Lorsque le roi Charles IX meurt
Ambroise Paré l’autopsie
Et dément la sombre rumeur
Qu’un poison lui ôta la vie
Ambroise décède à Paris
En pleine guerres religieuses
Et nonobstant la zizanie
Ses obsèques sont majestueuses
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