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Pardon à vous les pacifistes
Si Vauban était un guerrier
Pardon à vous écologistes
Si la France est défigurée
Pardon à vous les anarchistes
Si le peuple était affamé
Mais Vauban était un artiste
N'en déplaise à Léo Ferré
En mai mil six cent trente-trois
A Saint-Léger-de-Foucheret
Quand Louis XIII est encore roi
Et la France à-peu-près en paix
Naît dans la famille Le Prêtre
Le gentil petit Sébastien
Que l'histoire va reconnaître
Comme étant grand homme de bien
Placé à Semur chez les carmes
Il y fait ses humanités
Et apprend le métier des armes
Durant la Fronde avec Condé
Promu bientôt sous-officier
Il se fait surprendre en chemin
Lors d’une ronde et promptement
Conduire au camp de Mazarin
Questionné par le cardinal
Il se montre vite séduit
Par ce jeune homme original
Râblé, trapu et plein de vie
Vauban, maintenant officier
Participe à de nombreux sièges
Auprès d’un brillant chevalier
Grand ingénieur et grand stratège
Nommé ingénieur ordinaire
Dans sa vingt-troisième année
Il porte un jugement sévère
Sur la manière d’assiéger
Déjà son corps est couturé
Par les coups dus à sa bravoure
Mais son zèle et sa volonté
Sont admirés jusqu’à la Cour
Après la paix des Pyrénées
Il retourne dans son Morvan
Pour une cousine épouser
Et lui faire quelques enfants
La France est riche de nouveau
Tandis qu’on construit à Versailles
Le roi lui confie des travaux
De renforcement de murailles
Il dirige la création
De places fortes et de forts
Procède aux fortifications
De grandes villes et de ports
Il travaille tant qu’en dix ans
Cent mille livres il empoche
De quoi s’acheter en Morvan
Son ancien château de Bazoches
Avec le temps, le grand Vauban
Est de plus en plus attentif
A la vie des petites gens
Vivants comme des primitifs
Las de leur affreux quotidien
L’homme de guerre prend la plume
Pour écrire au vieux souverain
Et lui livrer son amertume
En mil sept cent sept Vauban meurt
D'une sale grippe à Paris
Le roi perd un enquiquineur
Le bon peuple perd un ami
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