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Mes poèmes - Moi

 

Greffes identitaires.

le dimanche 03 mai 2015, à 23:56. Posté par Lola





Sur les sillons rouges qui gravent la chair
Il y a l'inconnu, ignorant quelles limites
Font de cet espace l'unique jachère,
Laissant l'extérieur retenir sa fuite.

L'enveloppe forge la perception
Qui tantôt effleure, palpe ou retient,
La pulpe livrée à ses distorsions,
Le zeste qui relie les mondes au mien.

Et sur les passerelles absorbant
Chaque pression, chaque sursaut,
Saigne le lien en forme de ruban
Qui mène de la source au ruisseau.

Il libère l'empreinte du bien être,
Des soins maternant où se réunissent
Le désir unifiant et celui du paraître,
Méprisant les failles qu'ils définissent.

Alors c'est à chacun de trouver en soi
Le pourquoi du comment discernant
L'impossible maîtrise, quand on s'aperçoit
Du temps qui afflige, souvent consternant.

Car d'autres blessures viennent se greffer,
Au vaste labyrinthe perdu dans la sphère
Quand sa retenue signe à s'en étouffer
La détresse extrême, sans but ni repère.

La mort, puis l'amour. Sans rien d'autre
Que la peur pleurant sur ces amalgames,
Où juste une caresse qui fut la notre
Blottie à jamais au creux de mon âme.





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commentaires ( 10 ) (Ajouter un commentaire)
salus le lundi 04 mai 2015, à 11:04

Ah !
C'est beau...

Philip (JARDIN DE LUNE) le lundi 04 mai 2015, à 12:55
Un long poème. D'une grande profondeur, et tu sais que je suis sincère en te disant cela. Peut-être l'as tu écrit de façon impromptue, mais sans doute en soi-même ce poème-réflexion a muri en toi.
Il faut s'arrêter, puis revenir sur certains vers de ton poème. Par exemple, j'ai été interpelé par ces mots "qui relie LES mondes au MIEN". Univers parallèles dans lesquels nous vivrions ? Dans la réponse que tu me fis au commentaire de ton dernier poème, tu me disais "par rapport à ce que j'ai vécu, aujourd'hui c'est pour moi le Club Med". Oui, se satisfaire de ce que chaque jour la vie nous apporte dans NOTRE monde. Parfois gris, parfois un peu ensoleillé, le lendemain de nouveau gris. Et l'espoir d'un peu de lumière encore.
"Mépriser les failles". Oui, c'est peut-être ce qu'il faut savoir faire.
Le temps afflige, chaque seconde qui passe le souligne. Il faut lutter chaque seconde, comprendre le pourquoi que notre libre arbitre nous a fait choisir.
Mais, jusqu'au dernier instant, quel que soit notre horizon, notre Demain, garder toujours "blotti à jamais au creux de notre âme" ce qui fut beau dans notre vie. Cela est notre bien, nous appartient. Pour vivre, pour survivre, pour évaluer notre vie. Quelque chose de précieux. Mon amitié sincère accompagne tes espérances ma chère Lola. Bien à toi. Bises. Philip.

violette le lundi 04 mai 2015, à 15:53
très beau

louis le lundi 04 mai 2015, à 19:26
Magnifique texte !
Amitié.

domidom le lundi 04 mai 2015, à 22:13
Un texte profond et très intéressant...
(Comment discerner le pourquoi du comment) faire son propre diagnostic n'est pas toujours évident...
Comme toujours te lire fut un plaisir...
Amitiés et bisous....
Domie/domino

bluegirl le mardi 05 mai 2015, à 20:24

SALUS, VIOLETTE, RICHARD,
Merci pour votre apréciation qui me touche.


PHILIP,
Tu as perçu la réflexion, et en effet l'expression a grandit en moi, comme ce a quoi elle se rapporte : la chair. Et même si on se perd dans certains vers qui peuvent parler différemment selon comme on les perçoit, il s'agit bien d'une rétrospective de mes propres ressentis : au début, j'évoque la non individualité du tout jeune enfant, puis une forme de conscience du corps qui peut être parfois longue à se révéler...pourtant ce n'était par manque de vouloir me démarquer !
Et lorsque le lien mène au non lien, il reste le désir maternant, et celui du paraitre : :l'empreinte de la mère, avec ses failles qui sont perçues comme du mépris par l'enfant. Entrer dans la vie écorché, ça engendre une certaine fragilité, qui évolue avec la sensibilité de chacun.
.
Les amalgames vont bon train entre mort et amour, entre mépris et ingratitude, ...mais
reste toujours un coeur qui s'offre, si on sait écouter.



DOMIE,
Le pourquoi du comment, c'est un peu ma marque de fabrique !!...je me fait parfois mal à la tête !
..ffffff, lol !!




Mes amitiés poétiques à chacun.
Lola.
Mespoemes.net/bluegirl

cerise le jeudi 07 mai 2015, à 21:57
Coucou Lola,
C est toujours un brin meditative que je ressors de tes beaux poèmes...
L explication donnée à Philip m a aidé à mieux en saisir la teneur...sourire...fort intéressant.
Merci de ce nouveau partage Lola.
Bises et douces nuit à toi.
Amicalement, Béatrice


bluegirl le vendredi 08 mai 2015, à 01:17

BEATRICE,
Dans notre chair s'inscrivent les événements marquant de notre vie.
Pour les meilleurs, ont peu y laisser un zeste de nostalgie. Pour les pires, les répercutions dépassent souvent la limite de la conscience.

Merci de ta lecture fidèle sur mes écrits.
Bises amicales, Lola.

les prosesdeslim le samedi 09 mai 2015, à 22:37
Chère Lola,
un poème d’une extrême portée philosophique qu’il m’a fallu lire et relire tant il m’a semblé profond et dans le même temps porteur de messages très controversés, allant du ressentiment jusqu’à ce réveil soudain, cette propension nouvelle à aller de l’avant en dépit d’un lourd fardeau hérité d’une enfance particulièrement délicate.
J’ai perçu au début de ton poème, un brin de fatalisme, un peu comme si tu te résignais à accepter ce mal être qui bouleverse ta vie. Et puis, cette notion d’amour après la mort, cet étrange amalgame comme tu le soulignes, m’apparait à moi comme une éclaircie soudaine dans un ciel tout noir, une façon bien à toi de garder tout au fond de ton cœur l’ultime caresse de ta vie !...Tout compte fait , c’est un peu grâce à l’amour que tu finis par renaître…
c’est à cela que tu dois t’accrocher, en dépit de tout, tenter de recoller les débris d’un cœur brisé… .J’en conviens, c’est très difficile mais tente de t’accrocher à ce qui fut de beau et d’agréable dans ta vie et tu verras que la suite ne dépendra que de ta volonté de voir désormais le verre à moitié rempli et plus jamais à moitié vide !...
Ton poème est d’une telle beauté et d’une si profonde complexité que j’espère ne pas m’être beaucoup éloigné du véritable message que tu voulais nous adresser.
Merci pour ce partage. Amitiés sincères. Slim.

bluegirl le lundi 11 mai 2015, à 20:17

SLIM,
Je me résigne à avoir mal dans ma chair, car on s'habitue de vivre avec la mémoire de la douleur, qu'elle soit physique ou mentale. Ce qui ne m'empêche pas de saisir les opportunités diverses et variées pour la surmonter. Alors le terme plus adéquate serait "faire avec", mais sans pour autant baisser les bras. Et si mes journées sont souvent ponctuées d'épuisement, j'ai donc encore la capacité à me régénérer.
Puisque l'amour est un élixir sublimant, celui du coeur s'accorde si bien à celui de l'esprit, que je ne puis considérer qu'on peut me briser. (Rien à voir avec des moments d'abattement).
C'est ça mon éclaircie, ma lumière.

Il m'importe assez peu de me raccrocher à ce qui fut beau, ma philosophie est de tirer des enseignements de mon propre vécu, quand le verre était à moitié vide, comme lorsqu'il était à moitié plein.
Mais je ne vis pas dans mon passé, je vis avec, et je sais très bien ce à quoi me raccrocher : je ne veux que du vrai... et si possible du beau, car je le mérite !

Tu ne t'es pas éloigné du message, c'est juste pas une bouteille à la mer. Je vais plutôt bien, même quand j'ai mal dans ma chair : il me reste l'éveil.
Bien amicalement cher Slim.
Lola.
mespoemes.net/bluegirl

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