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Soleil de minuit
Entre le jour des yeux me parvient le soleil
D’une étoile bernée par le deuil de mi- nuit.
Ainsi le rêve échappe aux fauteuils de l’ennui
Dont les immenses bras se tendent à l’éveil.
Je suis seul dans mon lit et personne à combler.
Personne pour cueillir la fleur de l’aube éparse
Qui se dresse au réveil, pas une main comparse
Pour glaner le blé dur de l’amour esseulé.
Tu es partie le jour où ma nuit est tombée
Entre deux éclairs blancs et un coup de tonnerre,
Tu as suivi le vent qui venait de la terre,
Seule façon de fuir les fantômes d’aimer.
Je ne veux plus te lire au fronton de ma vie,
Epitaphe grinçant aux charnières rouillées :
« S’en est allée trop tôt, étreinte inachevée,
Désirs inavoués rejetés dans la nuit ».
Je préfère penser qu’elle est morte à l’envie,
Et que l’étoile sue sa lumière de peur
Qu’une obscure passion, aux mortelles lueurs,
Ne mouche la bougie et sa flamme de vie.
Théo
http://www.mespoemes.net/theo
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