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Faisant trois pas parmi les herbes
Sur notre enfance j’ai marché.
J’ai retrouvé ta joue imberbe,
Ma taille fine, mon pas léger,
Et ta voix grave un peu traînante
Qui murmurait les soirs d’été
Des paroles d’amour troublantes.
Voici qu’aujourd’hui on t’ enterre,
Il ne me restera de toi
Que la douceur de tes yeux verts
Et ces promesses d’autrefois.
Mon ami, mon voisin, voici que tu n’es plus.
Je ne veux pas aller où tu vas aujourd’hui,
Tant pis! Lâchons ce lien qui lentement diffus
A séparé nos vies.
Je sais bien que mon tour arrivera bientôt,
Que le bonheur est fourbe,
Qui reprend d’une main ce qu’il donne tantôt.
Pas question que je courbe!
J’ai un amour nouveau,
D’autres voix dans le soir qui murmurent et se taisent,
D’autres mains à tenir.
Je te laisse partir,
Je retiendrai de toi l’odeur du lilas mauve
Nos rires d’écoliers.
Adieu, et sois en paix, si vraiment on se sauve,
En passant à côté.
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