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A l’apprenti poète
Ce soir l’automne se vêt de feuilles rares
Et ta hargne, poète, flétrit les vieux usages
Tu dénonces l’absurdité, les schismes, les tares
Je rougis de ma nudité, de mes vers trop sages
Tu m’apprendras les jours mauvais
Ta muse versera sur moi des étoiles de misère
Ta main épousera ma lâche fuite
Et mes regrets seront délétères
Pourtant poète, j’ai flirté avec la peine
Mon enfance absoudra mes chimères
J’ai porté ma croix trop jeune et si longtemps
La lutte a balayé les pleurs et les ans
Tu vois poète !je déteste les revenants
Mon mal s’est assoupi dans un pays de COCAGNE
Ton pas embusque de vieilles douleurs
Mais il est temps j’émergerai de ma torpeur
Car ta faconde m’empoigne.
Raymonde verney
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