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Casanova revisité (1725-1798)

le mardi 12 mai 2015, à 13:01. Posté par Michel Ernest


    Casanova n'est pas qu'un mythe
    Il a vécu au temps des rois
    Quand le clergé faisait la loi
    On ne jouait pas avec sa foi

    Car il n'a jamais eu la trouille
    De faire l'amour au balcon
    Quand on pourchassait ces fripons
    Et qu'on les pendait par légion

    Casanova n’est pas Don Juan
    Il n’est pas un collectionneur
    C’est un jouisseur exubérant
    Parfois musicien à ses heures

    En mil sept cent vingt-cinq, il naît
    En l'Italienne péninsule
    Et déjà dans son lit douillet
    Son petit kiki gesticule

    Son père étant un comédien
    Sa mère une brillante actrice
    Lui-même étant un Vénitien
    Ces conditions étaient propices

    Il grandit entouré de femmes
    Qui le poussent dans les études
    Et quand chancelle un peu sa flamme
    Elles comblent sa solitude

    Il obtient vite un doctorat
    En droit civil et canonique
    Et se destine, croyez-moi
    A la carrière ecclésiastique

    Bien qu’il reçoive la tonsure
    Jamais abbé il ne sera
    Pour des raisons, je vous l'assure
    Que je ne peux révéler là

    Pourtant on lui laisse sa chance
    Un cardinal proche du pape
    L'embauche alors comme ordonnance
    Jusqu'à ce qu'encore il dérape

    Alors commence l'aventure
    Du Casanova dévoyé
    Faite de sexe et de luxure
    Que je ne vais point étayer

    On le voit partout en Europe
    Tantôt escroc, tantôt conscrit
    Fréquentant les lieux interlopes
    Et les prisons de ces pays

    Mais c'est dans la Ville Lumière
    En mil sept cent cinquante et un
    Que Giacomo le solitaire
    S'initie aux joies en commun

    A trente ans il est à Venise
    Quand l'amour il découvre enfin
    Lors il partage sa promise
    Avec un abbé libertin

    C'en est trop pour messieurs les Doges
    Qui l'arrêtent dans ses plaisirs
    Et par la peau du dos le logent
    En prison au pont des Soupirs

    Au bout d'une année il s'échappe
    C'est à marquer dans les annales
    Surtout ne riez pas sous cape
    Si ce mot résonne bien mal

    Alors pour Paris il détale
    Chercher refuge et amitié
    Chez un ministre-cardinal
    Son ancien copain le curé

    Bientôt il trouve la fortune
    Et comme elle ne vient pas seule
    Il trouve gloire peu commune
    Auprès de monsieur de Choiseul

    Après dix-huit années d'exil
    Il a maintenant cinquante ans
    Il retourne d'un pas tranquille
    Dans la ville de ses parents

    Les années de vie insouciante
    Et les excès ont pris leur dû
    Les joues creuses sont apparentes
    Et visible est son nez crochu

    Dans sa spirale descendante
    Il commet de graves bêtises
    Si bien qu'une loi permanente
    Le chasse à jamais de Venise

    On le retrouve chambellan
    Auprès de l'empereur d'Autriche
    Il a maintenant soixante ans
    Mais il n'est plus un homme riche

    Dans les temps révolutionnaires
    Au fond d'un château de Bohême
    Il est le bibliothécaire
    Rédigeant sa vie en poème

    A soixante-treize ans passées
    Quand il referme son beau livre
    Le temps de le dédicacer
    Giacomo a cessé de vivre

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