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La rivière glissait en son divin lit,
L'aube déclinant décimant la candide nuit,
Mes pas réveillant par un bruissement la foret endormie,
Effleurant béatement la rosée d'un matin,
Mes doigts cueillent par poignée les bruyères,
Et, ma narine en perçoit l'innocent parfum.
D'une clairière blanche de pensées nues,
Ravissante créature à l'allure ingénue,
Folle solitaire en sa modeste venue,
Errant parmi les bouquets de verdure,
Ces petons blancs à même la terre dure,
Elle s'offre par ses furtifs baisers à la nature.
Le soleil ouvre ses larges paupières,
Une pudeur timide rencontre l'ingénue,
Se chaussant de ses souliers et d'un fichu vert,
Elle disparaît au loin par les branches suspendues,
Un halo se forme un instant sur ses cheveux tenus,
Folle des campagnes dont l'esprit n'est que vertu.
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