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Les Français peuvent être fiers
D'avoir des frères de valeur
Tels que Montgolfier et Lumière
Qui furent de grands inventeurs
Ailleurs c'est une catastrophe
Ils n'ont pratiquement personne
Sauf les frères Karamazoff
Les Grimm, les Scott et les Dalton
Aussi je vais remplir ma page
A la gloire des sus-cités
Deux Ardéchois rois les nuages
Etienne et Joseph Montgolfier
En mil sept cent quarante est né
L'aîné à Annonay, mais n'est
Que l'aîné de son jeune frère
Car le douzième enfant de Pierre
Et si Etienne est son cadet
C'est qu'il est en fait le quinzième
Mais il reste l'aîné quand même
Des enfants qui sont nés après
Oh, mais trêve de balivernes
Revenons à nos montgolfières
Et comme dirait Jules Verne
A vingt mille lieux dans les airs
Les frères vivent dans un rêve
Au fond de leur Ardèche bleue
Joseph n'est pas très bon élève
Etienne est beaucoup plus studieux
Les parents ont une entreprise
Une fabrique de papier
Laquelle à Etienne est remise
Et Joseph est son associé
Trois cents ouvriers y travaillent
Et les affaires vont si bien
Qu’ils font parfois quelques trouvailles
Notamment le papier vélin
Mais leurs recherches se transforment
Vers l’an mil sept cent quatre-vingt
Depuis la découverte énorme
De Cavendish, le physicien
Car ce gaz qui s'enflamme à l'air
Et que l'on appelle hydrogène
Pourrait bien soulever de terre
Un homme sans la moindre gêne
Ainsi les frères s’évertuent
A construire dans leur maison
Des petits ballons en tissus
Qui s’élèvent jusqu’au plafond
Comme ils ont financé tout seuls
Leurs essais dès le premier jour
Etienne et Joseph alors veulent
Se faire connaître à la Cour
C’est donc devant le roi Louis XVI
Qu’ils font une démonstration
Avec trois passagers à l’aise
Un canard, un coq, un mouton
Le ballon monte à cinq cents mètres
Et vole pendant huit minutes
Parcourt plus de trois kilomètres
Les frères ont atteint leur but
Un mois exactement après
A lieu le premier vol humain
Avec Pilâtre de Rozier
Qui monte à cent mètres au moins
Ces deux vols étant en captif
C'est-à-dire attachés au sol
Maintenant leur seul objectif
C'est de voler à la boussole
C'est ainsi que le mois suivant
Nos héros font leurs retrouvailles
Pour un essai tonitruant
De Boulogne à La Butte-aux-Cailles
Cette fois c'est l'apothéose
Les frères obtiennent récompense
Un banc les savants leur proposent
En notre académie des sciences
Pierre, le père est anobli
Sa papeterie familiale
Est changée d’un vœu du roi Louis
En manufacture royale
S’ensuivent de nouveaux essais
Avec joies et déconvenues
Mais repoussant avec succès
Le mystérieux chemin des nues
Bientôt les révolutionnaires
Qui ont d’autres chats à fouetter
Que des envols de montgolfières
Cessent de les subventionner
Etienne ne s’en remet pas
Il meurt à l’été de l’an six
Joseph quant à lui s’éteindra
Au mois de juin mil huit cent dix
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