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Goûter la solitude à l'abri de soi-même,
Sans autre compte à rendre au monde qui s'enfuit
Au triste brouhaha infécond et réduit
D'une simple expression au regard bien trop blême.
Jamais je n'aurais cru rêver ces longs débats,
Ceux de l'intime étreinte au plaidoyer intense,
Alors qu'autour de moi, le monde aveugle danse
Dans les flonflons trompeurs de stériles combats.
Moi, qui tremblait souvent devant ma propre image,
Ces décisions à prendre aux carrefours des nuits,
Quand la jeunesse avide aspirait mes ennuis
Sans que je sache quand effacer mon grimage.
Aujourd'hui que le temps me nourrit d'autres fruits,
Plus intenses et plus purs que ceux dont on se grive
Ou ceux tant espérés dans ma vieille dérive,
Je découvre la force aux souvenirs détruits.
Et je m'en vais sereine au rythme de la plainte
Qui hier me narguait, qu'y m'étonne à présent,
Comme un ami d'enfance au destin divergent,
D'une empreinte isolée que je trace sans crainte.
Myosotis
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