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L’horizon s’est noyé dans une brume épaisse
Qui, de l’aube endormie, éteint le moindre bruit,
Et la tiédeur du lit m’invite à la paresse,
Attise le désir de prolonger la nuit.
Couchée à mes côtés, lascive, Elle s’étire,
Se tord dans son sommeil et découvre son sein ;
Je le touche des yeux, l’admire, le respire,
Mais n'ose de mes doigts en tracer le dessin.
Je crois voir un instant une œuvre de Matisse,
C’est le plus beau tableau que la vie engendra !
Comme j’ai bien trop peur qu’Elle se refroidisse,
Avec précaution, je remonte le drap.
Mais aussi délicat que puisse être mon geste,
Me reprochant d’avoir dérangé son confort,
Par un léger soupir, mon bel ange proteste,
Elle entrouvre les yeux, sourit, puis se rendort
Pourtant, j’aimerais tant baiser sa lèvre humide,
Caresser ses cheveux épars sur l’oreiller ;
Mais devant sa beauté, pareille au lis candide,
Alors que le jour point, je reste à la veiller.
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