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Son grand-père avait une cour
Là-bas en pays Poitevin
Où son père un peu troubadour
Faisait sa cour au tambourin
C'est là qu'il connaît Aenor
Dont il tombera amoureux
C'est là que naît notre Aliénor
Une nuit de mil cent vingt-deux
Et dans cette ambiance idéale
Elle vit ses premiers instants
Jusqu'à cette date fatale
Où s’éteint sa pauvre maman
Son père essaie à sa manière
De l'élever sans sa compagne
Puis confie l'enfant à son frère
Et va se réfugier en Espagne
Quand le père meurt, bien trop vite
Aliénor a tout juste quinze ans
Alors le tonton en profite
Pour l'éduquer sensuellement
L’orpheline, la même année
De l’Aquitaine et du Poitou
Logiquement va hériter
Mais le Poitou, ce n’est pas tout
Elle est demandée en mariage
Par le fils de Louis VI Le Gros
Qui a à peu près le même âge
Et qui s'épousent à Bordeaux
A l'automne meurt le beau-père
D'Aliénor qui hérite ainsi
Dès les premiers jours de l'hiver
De la couronne du pays
Installée à la cour de France
On voit la jolie Aliénor
Y introduire musique, danse
Et vêtements multicolores
Le roi non seulement l’approuve
Mais l’admire par-dessus tout
Moi personnellement je trouve
Qu’il devait être un peu jaloux
Elle a vingt-cinq ans, lui vingt-six
Quand il partent pour la Croisade
Aliénor fait un gros caprice
Qui rend le souverain malade
L’expédition tourne au fiasco
Et sur chemin du retour
Il prennent chacun un bateau
C’en est fini de leur amour
Le roi alors la répudie
Et le mariage est annulé
Lors la belle se réfugie
Dans les bras d’un Plantagenêt
Elle l’épouse sur le champ
Et devient reine d’Angleterre
Elle a parmi ses huit enfants
Richard Cœur de Lion, Jean Sans Terre
Tout donc semble aller pour le mieux
Si ce n'est que la grande reine
A Big-Ben s'intéresse peu
Puisqu'elle vit en Aquitaine
A Poitiers elle crée sa cour
Comme au temps où elle était môme
Si bien que la noblesse accoure
De tous les côtés du royaume
Elle fait de son fils Richard
Son universel héritier
Ce qui met en colère noire
Le roi qu'elle a dépossédé
Cherchant un appui chez Louis VII
Son ancien mari humilié
Le roi sans tambours, ni trompettes
La fait alors emprisonner
Pendant seize ans la pauvre femme
Va se morfondre dans sa tour
Jusqu’à ce qu’Henri rende l'âme
Alors on vînt à secours
A soixante-dix ans, ou presque
Elle gère en pays Anglois
Les aventures romanesques
Du célèbre Robin des Bois
Quand cette infatigable reine
Apprend que son fils Cœur de Lion
Est prisonnier en cour de Vienne
Elle court payer la rançon
Bien vieille Aliénor se retire
Dans un monastère angevin
Quand elle apprend, on ne peut pire
La mort du jeune souverain
Furieuse elle part outre-Manche
Couronner son fils benjamin
Puis en Espagne enlève Blanche
Pour l’unir au gentil dauphin
Ces démarches étant fines
Elle retourne au monastère
Y finir lentement sa vie
Qui la rendra octogénaire
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