|
Un soir, je suis monté sur un rayon de lune
Pour savoir si, là-haut, existe un paradis
Et si tous les fagots que les curés m’ont dits,
Si tous leurs beaux discours valent plus qu’une prune.
J’ai rencontré Pierrot courtisant Colombine,
Il lui disait un lai qu’il avait composé ;
Ils étaient si mignons que je n’ai pas osé
Interrompre le cours de leur humeur badine.
De loin, j’ai vu venir un Jeannot au supplice,
Il criait comme un fou, courant vers nulle part,
«Eh ! Laissez-moi passer, car je suis en retard… »
Je crois bien que c’était le lapin blanc d’Alice.
Par un chemin de terre arriva Rossinante,
Suivait Sancho Panza ; Don Quichotte, en avant,
Agitait ses longs bras, comme moulins à vent,
En se plaignant que sa jument soit aussi lente.
En voyant que là-haut, la poésie abonde,
Je suis redescendu pour tous vous avertir :
Ne soyez pas inquiets quand vous devrez partir
Car au ciel vous pourrez côtoyer du beau monde.
|