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Diane est née l’antépénultième
Jour du dernier mois de l’année
De notre beau siècle quinzième
Dans son château du Dauphiné
Son père qui aimait la chasse
Son prénom fut choisi pour ça
Lui apprit courage et audace
Et l'humilité à la fois
A la mort de sa pauvre mère
Elle fut admise à la cour
Y reçut l'instruction sévère
Due aux demoiselles d'atours
Elle devînt dame d’honneur
Des rois Charles VIII et Louis XII
Jusqu’à ce qu'un puissant seigneur
La sollicite pour épouse
La voilà devenue princesse
A seize années et quelques mois
La jolie Diane chasseresse
Se fît biche à la cour du roi
Malgré les rumeurs du royaume
Qui jasaient sur ses coucheries
La belle dame de la Drôme
Fut fidèle à son vieux mari
Pourtant le jeune roi François
Semblait vraiment amoureux d'elle
Mais jamais il ne l'avouera
La reine surveillait la belle
Quand la reine Claude mourut
Je n'ai pas dit qu'elle fut mûre
Le roi fort déconfit en fut
Et non en fit des confitures
Le roi, disais-je avant ma blague
Confia son jeune fils à Diane
Et plus tard, ce n'est pas un gag
Diane et l’enfant seront morganes
Mais ne brûlons pas les étapes
Le Dauphin n'est qu'un ingénu
Et si Cupidon rit sous cape
Son arc n'est pas encore tendu
Après dix-sept ans de mariage
Quand son mari eut disparu
La jeune veuve toujours sage
Tout de noir se fut revêtue
François Ier eut pour maîtresse
La belle Anne de Pisseleu
Laquelle haïssait la duchesse
Ce qui le rendait malheureux
Comme je l’ai laissé entendre
Le Dauphin tomba amoureux
De sa gouvernante au cœur tendre
Qui lui accorda son corps pieux
En mil cinq cent quarante-huit
Officiellement à la cour
Diane devînt la favorite
Et tînt la corde jusqu’au jour
Où son amant perdit la vie
Dans un inutile tournoi
Quand monsieur de Montgomery
De sa lance l’œil lui perça
Lors la reine amère et aigrie
Lassée de ce mariage à trois
Chassa manu militari
La dame de Valentinois
Triste, elle rejoignit Anet
Le château de feu son mari
Et dans cette austère retraite
La belle tomba dans l’oubli
Tandis que dans tout le royaume
Les Valois jetaient feu et flamme
Ainsi que l’écrivit Brantôme
« Diane était toujours belle dame »
Une maladie grave et rapide
L’emporta un jour de printemps
Laissant à Anet un grand vide
Et au Louvre un soulagement
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