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Auréole d'enfance accueillant la fortune,
Berceau rose aux fleurs d'or, donc le cœur est épris
En ce soir odorant mon encrier de lune
Retrace le bonheur de mes jours favoris,
Ce temps éveille en moi le parfum de la pomme,
L'effluve de la craie enfanté de soleil,
Que j'ouvre comme un livre à la gloire de l'homme
Promettant aux rêveurs le rivage vermeil.
Au sable du passé que la splendeur fascine,
Le délice des mots devient comme un rameau
Recherchant le ruisseau pour reprendre racine,
Au calice du cœur donc l'encre est le sureau.
Au loin de mon esprit, la plume est une abeille,
Harpe multicolore émaillant son pourtour
Pour mieux mêler ses eaux à la tendre groseille,
Confiture de l'âme enveloppé d'amour,
Le vitrail arc en ciel, fable de la mémoire
Arpège de frissons, nos traces d'ici bas,
Les écrits innocents tout au fond d'une armoire
Il ressuscite en nous la saison des lilas.
Ainsi naît le poète en son asile étrange
Amadouant la muse au regain de jadis,
Aux débris du royaume il puise l'or de l'ange,
Le feu couve en son cœur un pulpeux oasis.
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